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Nicola Sirkis : "Jamais je n’aurais rouvert le Bataclan, c’est comme si on avait effacé les gens qui y sont restés"

Nicola Sirkis est l'invité de "Mise à jour" de Guy Birenbaum, pour la sortie de "13", le treizième album d'Indochine.

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Nicola Sirkis, d\'Indochine, en 2014.
Nicola Sirkis, d'Indochine, en 2014. (MAXPPP)

"La vie est belle", même si elle est aussi cruelle : Indochine sort 13, son treizième album, chiffre "à la fois maléfique et extraordinaire". "Pour un groupe de rock, être aussi attendu que ça pour son treizième album, c’est un miracle", s’amuse Nicola Sirkis, le chanteur du groupe.

"J’avais envie de faire un album très court, se confie Nicola Sirkis. Et puis est arrivé ce qui est arrivé ces trois dernières années, l’avènement du populisme, les attentats... J’ai écrit une des chansons, 'L’été français', au mois de mars. Et je me disais, si ça trouve, l’été prochain, ce sera Marine Le Pen au pouvoir... C’était très troublant."

"Tous mes héros sont morts, ne restent que mes ennemis"

Après les attentats de 2015, Indochine a joué et tourné, enchaînant les festivals en France, Belgique et Suisse. "On ne pouvait pas rester insensible. Le Bataclan, c’est notre génération qui a été touchée de plein fouet, et Manchester, le concert d’Ariana Grande, c’est celle de ma fille. Moi, jamais je n’aurais rouvert le Bataclan, c’est comme si on avait effacé les gens qui y sont restés."

Le clip coup de poing du premier single de 13, "La vie est belle" est signé Asia Argento, qui a filmé à la GoPro, en caméra subjective, une vie du début à la fin, de la naissance à la mort. Salinger, David Bowie… "Tous mes héros sont morts, ne restent que mes ennemis", chante Nicola Sirkis dans "Station 13". L'album 13 parle en creux de la longévité d'Indochine, ce groupe pas comme les autres, qui a sorti L'Aventurier en 1982. "On avance dans la vie, je suis un peu un miraculé... Un peu comme Harry Potter, je suis le garçon qui a survécu. Aujourd’hui, on peut se dire qu’on a plusieurs vies."

Le lien qu’entretient Indochine avec ses fans est exceptionnel. "A l’époque où ça marchait un peu moins bien, dans les années 1990, on avait le Minitel ! se souvient Nicola Sirkis. Je répondais directement de chez moi, j’avais le terminal… On a toujours été proches de notre public. Les réseaux sociaux n’ont fait qu’améliorer ça. Et on peut rétablir la vérité, c’est notre propre agence de presse."

Et s'il devait faire une mise à jour, que faudrait corriger, modifier ou effacer ? "On n’efface rien ! J’ai beaucoup de regrets, beaucoup de remords, et je suis pour en avoir et vivre comme ça parce que ça me motive."

Ecoutez l'intégralité de l'entretien en deux parties

Nicola Sirkis, d\'Indochine, en 2014.
Nicola Sirkis, d'Indochine, en 2014. (MAXPPP)