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Sorj Chalandon : "Je me souviens du procès de Klaus Barbie"

Chaque dimanche, un invité présente l'événement d'actualité qui l'a le plus marqué. Sorj Chalandon, écrivain et journaliste, n'a jamais oublié le procès de Klaus Barbie, le criminel nazi condamné à perpétuité en 1987.

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(L'écrivan Sorj Chalandon © maxppp)

En ce mois de mai 1987, lorsque Klaus Barbie se présente devant les juges, des dizaines de journalistes sont présents. L’événement est majeur : le criminel nazi, l’ancien chef de la gestapo de Lyon, va répondre de ses actes, plus de quarante ans après la fin de la Seconde guerre mondiale.

Sorj Chalandon  se rappelle « un visage d’oiseau, blafard, avec une petite tête qui sort d’un col trop grand  ». Pendant sept semaines, l’envoyé spécial du journal Libération assiste à l’audience.

« C’était un procès juste, un procès dont la France est sortie grandie (…) On jugeait un homme pour trois faits particuliers : la rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon, la rafle de quarante-quatre enfants d’Izieu dans l’Ain, tous morts, en 1944, et le départ du train 14166, avec 600 personnes à bord, pour les camps de concentration. Il a été jugé pour trois crimes (…) Il n’avait pas de sang sur les mains, mais de l’encre sur les mains  ».

Le journaliste se rappelle les témoignages des anciennes victimes de Klaus Barbie : « C’était la dernière fois qu’ils témoignaient  ».  Autour d’eux, aux Assises, chacun retient son souffle : « On a beaucoup pleuré. J’ai vu des gendarmes qui se retournaient parce qu’ils pleuraient… Je n’'avais jamais vu ça dans aucun procès  ».

En juillet 1987, après sept semaines de procès, Klaus Barbie est condamné à perpétuité. Sorj Chalandon sort de cette expérience bouleversé, avec la conviction qu’il y a « deux personnes en nous tous : une victime et un bourreau (…) J’ai la certitude qu’il faut combattre le bourreau qui est en nous  ».

Le dernier livre de Sorj Chalandon, Le quatrième mur (Grasset) a reçu le Prix Goncourt des lycéens.

 

 

 

 

(L'écrivan Sorj Chalandon © maxppp)