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Mémoire d’info. Valérie Trierweiler, jeune journaliste au congrès du PS en 1990 : “Je ne comprenais rien”

Pour ses trente ans, franceinfo a demandé à des personnalités de la culture et des médias de raconter l'info qui les a marquées ces trente dernières années. La journaliste politique Valérie Trierweiler revient sur le congrès PS de Rennes en mars 1990.

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franceinfoGuy BirenbaumRadio France

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Lionel Jospin, ministre de l\'Education nationale, assiste au vote à main levée des délégués, le 15 mars 1990, lors de la première journée du congrès national du parti socialiste.
Lionel Jospin, ministre de l'Education nationale, assiste au vote à main levée des délégués, le 15 mars 1990, lors de la première journée du congrès national du parti socialiste. (AFP)

Valérie Trierweiler, l’ex-compagne de François Hollande, est journaliste politique à Paris Match, auteur du roman Le Secret d’Adèle, publié en mai dernier (ed. Les Arènes). L’un de ses souvenirs les plus marquants de ces trente dernières années est le congrès socialiste organisé près de Rennes, du 15 au 18 mars 1990. "Il s’agit de mon premier vrai reportage. C’est à la fois un souvenir très marquant et en même temps je pataugeais totalement. J’étais toute jeune journaliste, c’était mon premier papier pour Match et je ne comprenais rien à ce qu’il se passait", se souvient la journaliste.

Ce congrès, de sinistre mémoire pour les socialistes, se déroule durant le mandat de François Mitterrand. Le président veut remplacer Pierre Mauroy, premier secrétaire du PS, par Laurent Fabius, mais Lionel Jospin "n’a pas voulu le laisser faire donc ça a été une guerre fratricide entre les enfants de Mitterrand, explique Valérie Trierweiler. C’était très compliqué, il y avait six ou sept motions différentes. Pour comprendre ce qu’il se passait, j’allais dans ma voiture de location et j’écoutais franceinfo."

Valérie Trierweiler lors d\'une séance de dédicace à la librairie Hatchards, à Londres, le 25 novembre 2014.
Valérie Trierweiler lors d'une séance de dédicace à la librairie Hatchards, à Londres, le 25 novembre 2014. (LEON NEAL / AFP)

“Suicide collectif” au PS

A l'époque, les journaux parlaient de "suicide collectif", raconte la journaliste. "On est en 1990 donc le suicide collectif a commencé tôt." Elle se souvient être rentrée à Paris dans la voiture de Bernard Roman et l’équipe de Mauroy, "et tout le monde pleurait". Pour Valérie Trierweiler, "peut-être que, finalement, ce qu’il se passe aujourd’hui, l’origine est là. On a déjà des déchirures, non pas au sein du parti socialiste mais au sein de la même famille du PS, entre les enfants chéris de Mitterrand. Ça n’a fait que se déchirer par la suite." 

De ces quelques jours de reportage, la journaliste garde deux leçons : "rien ne se passe jamais comme prévu" et "on n’est jamais mort en politique". Est-ce qu’elle pense à François Hollande ? "Oui, bien sûr. Cela peut très bien s’appliquer à lui. Il est encore jeune et je n’ai pas l’impression qu’il ait envie de quitter la politique."

>>> Quelle actualité vous a particulièrement marqué ces trente dernières années ? À l’occasion du 30e anniversaire de franceinfo, Guy Birenbaum a posé la question à des personnalités de la culture et des médias. Ils évoquent une date, un événement marquant ou vécu de ces trente dernières années.

Lionel Jospin, ministre de l\'Education nationale, assiste au vote à main levée des délégués, le 15 mars 1990, lors de la première journée du congrès national du parti socialiste.
Lionel Jospin, ministre de l'Education nationale, assiste au vote à main levée des délégués, le 15 mars 1990, lors de la première journée du congrès national du parti socialiste. (AFP)