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Les Venise du monde. Bruges, l'invitation au voyage

Chaque dimanche Ingrid Pohu nous propose de partir à la découverte des Venise du monde, les plus belles villes d’eau qui possèdent toutes une histoire et un charme particuliers. Elle nous embarque cette semaine à Bruges en Belgique.

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Les façades de Bruges.
Les façades de Bruges. (JEAN-LUC GRZESKOWIAK / RADIO FRANCE)

"Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté"

Bruges, cette "Venise du Nord", appellation qu’elle dispute à Amsterdam, se trouve en région flamande à une quinzaine de kmilomètres de la mer du Nord.

Les canaux de ce joyau du XVè siècle sont inscrits depuis 2010 au patrimoine mondial de l’Unesco. Et le saviez-vous ? C’est la ville de Bruges qui a inspiré à Baudelaire l’un de ses plus beaux poèmes, "L’invitation au voyage" 

Le New-York du Moyen Age

Souvenez-vous… Les soleils mouillés, les ciels brouillés et les miroirs profonds. Pour certains, c’est toujours vrai, à Bruges, "Tout n’est qu’ordre et beauté / Luxe, calme et volupté". Dès le Moyen-Age, grâce à ses canaux, la cité fortifiée sert de port international et au XIVème siècle, on y trouve déjà de véritables banquiers comme nous l’explique Geert Declerck.

Ce Brugeois s’est réinstallé dans sa ville natale l’an dernier. "Bruges était le New-York d’aujourd’hui, mais au Moyen-Age ! Ce n’est pas exagéré, c’était hyper international, d’ailleurs la première bourse au monde, elle est originaire de Bruges, ce qui veut dire que les Italiens et les Allemands sont venus s’installer. Tout marchait très bien".

"Bruges-la-Morte" revit

Jusqu’à l’ensablement de son port au XVème siècle qui entraine son déclin et lui vaut son surnom de "Bruges-la-Morte". En 1907, Bruges revit grâce à l’ouverture de son nouveau port à Zeebrugge. Mais c’est en se tournant vers le tourisme que la cité flamande renait véritablement de ses cendres, à partir des années 70, comme le confirme notre habitant Geert Declerck. "Il y a tous les jours quelque chose à faire à Bruges, donc "Bruges-la-morte", je ne suis plus d’accord. Bruges se réinvente, tous les soirs on peut assister à des spectacles".

Aujourd’hui, Bruges et ses 20.000 habitants accueillent 7 millions de visiteurs par an ! Mais l’ancienne capitale culturelle européenne entend faire mentir les touristes japonais qui demandent "à quelle heure ferme la ville ?" pensant qu’il s’agit d’un musée ! "Ils pensent qu’à six heures, nous tous, les Brugeois, on enlève nos vêtements de figurants et on rentre à la maison. Non, non ! On vit à Bruges et on y est très bien !" 

Voilà pourquoi Bruges développe désormais des circuits touristiques autour de son artisanat, un entrelac de fines dentelles et de chocolats.Nombre d’artisans vivent d’ailleurs le long du bien-nommé canal de la Main d’Or (Gouden Handrei) remplis de fenêtres blasonnées et de poutres ouvragées. Ce lieu rivalise de beauté avec les autres trésors de Bruges : l’hôtel de ville gothique, la Madone à l’enfant de Michel-Ange et les primitifs flamands du célèbre Groeningemuseum. Symboliques aussi, le carillon du beffroi et ses chevaux brabançons qui tractent les calèches massées sur la Grand-Place, loin des voitures invitées à stationner aux portes de la cité.

La découverte en bateau s'impose

Une promenade en bateau permet de découvrir la face cachée de Bruges, ses maisons médiévales cossues, ses jardins. Et la qualité du silence est impressionnante, surtout pendant la saison froide. Foi de Brugeois. "Si vous faites ça en hiver quand l’eau est un peu plus chaud que l’air au-dessus, vous avez une brume au-dessus, et là, vous comprenez tout de suite ce que ça veut dire « Bruges-la-Morte » quand il n’y a personne quand on voit les petites lanternes, le bord des routes, le bord des canaux, alors là, c’est assez mystique".

On peut aussi suivre les canaux autour de Bruges, en longeant les moulins. "Passez dans la ville de Bruges à vélo à 8 heures du matin, tout seul, vous allez rencontrer l’âme de Bruges. Vous n’avez pas besoin de prendre un taxi vous êtes au centre de la ville, tout est beau, c’est la verdure, c’est le calme, c’est magnifique".

Sans céder aux sirènes de la modernisation à outrance, Bruges innove. L’édification de sa salle de concert ultra contemporaine, le "Concertgebouw" a suscité un vif débat entre les Brugeois qui préfèrent réaménager leurs belles maisons de maîtres en chambres d’hôtes plutôt que de faire construire de nouveaux hôtels. "Bruges se réinvente, Bruges construit. Promenez-vous, sortez des sentiers battus et vous trouverez des perles de modernité".
 
 

Les façades de Bruges.
Les façades de Bruges. (JEAN-LUC GRZESKOWIAK / RADIO FRANCE)