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Pourquoi y-a-t-il tant de fenêtres murées sur les beaux immeubles parisiens ?

Comme Yves Montand, vous aimez flâner sur les Grands Boulevards. En levant la tête cependant, vous l'avez regretté : de magnifiques constructions haussmanniennes sont ornées d'une ou plusieurs fausses fenêtres en trompe l'œil, quand elles ne sont pas grossièrement murées. Ailleurs, les immeubles plus modestes des quartiers populaires, tel le Faubourg Saint-Antoine, semblent avoir été épargnés par la chose, toutes vitres dehors. Alors pourquoi cette faute de goût chez les riches exclusivement?

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Comme toujours chez les riches, c'est d'argent qu'il s'agit. Non point de décoration architecturale.
Le drame remonte au Directoire, quelques années après la Révolution française.
Le gouvernement voulait créer une taxe foncière, mais ne savait pas comment s'y prendre pour calculer les superficies. Le système métrique avait du mal à s'imposer.

Le législateur s'inspira alors de la Window Tax anglaise. Les propriétaires étaient taxés non pas en fonction de la superficie de leur bien, mais suivant le nombre de fenêtres dont ils disposaient, ce qui simplifiait les méthodes de calcul.

La contribution des portes et fenêtres débarqua en France le 24 novembre 1798.
Mais aussitôt, de braves bourgeois firent murer chez eux une ou deux fenêtres... pour payer moins cher.
De l'histoire ancienne? Pas du tout !

L'impôt sur les portes et fenêtres a subsisté plus d'un siècle : du Directoire jusqu'à la première guerre mondiale!
Le fisc, de nos jours, ne pourchasse plus les fenêtres ouvertes. Heureusement ! J'en connais, des pingres, qui se seraient barricadés dans le noir.
Jusqu'à preuve du contraire...

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