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Les Informés. Simone Veil : "C'était la première grande figure politique féminine en France"

Les Informés ont consacré leur heure de débat vendredi à Simone Veil, disparue dans la journée. Chacun lui a rendu hommage et a partagé ses souvenirs. 

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franceinfoJean-Mathieu PerninRadio France

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Simone Veil alors ministre de la Santé (à droite), avec la secrétaire d\'État aux Universités, Alice Saunier-Seïté.
Simone Veil alors ministre de la Santé (à droite), avec la secrétaire d'État aux Universités, Alice Saunier-Seïté. (AFP)

Anne-Cécile Mailfert : "La première grande figure politique féminine en France"

"C'était la première grande figure politique féminine en France" a affirmé Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. "Elle a émergé avec un courage, une conviction. C'était une femme qui avait de la poigne, le courage d'affirmer les choses, de ne pas se laisser faire." a-t-elle décrit. Elle est également revenue sur le "mauvais caractère" prêté à l'ancienne ministre de la Santé de Valéry Giscard d'Estaing, notamment par Jean-Louis Debré, ancien président du Conseil constitutionnel. 

Quand c'est une femme, on a vite fait de dire qu'elles ont sale caractère. Si Simone Veil avait été un homme, on aurait dit qu'elle avait beaucoup de caractère. Ce n'est pas pareil que "sale caractère".

Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes.

à franceinfo

Georges-Marc Benamou, journaliste : "Un discours invraisemblable et magnifique"

Georges-Marc Benamou, journaliste, écrivain, producteur et scénariste, a rappelé le contexte dans lequel la figure de Simone Veil a émergé : "C'est quelqu'un qui vient de la société civile, c'est une magistrate que Giscard et Chirac viennent chercher, vont tirer de l'incognito du militantisme. (...) C'est quelqu'un qui n'est pas du tout du sérail !"

Simone Veil, c'est cette petite voix fluette, cette beauté réelle, ce chignon, et cette tribune où elle va faire ce discours invraisemblable et magnifique sous les huées, les cris, les quolibets antisémites jusqu'à chez elle.

Georges-Marc Benamou, journaliste

à franceinfo

Caroline Mécary, avocate et conseillère de Paris : "C'est un symbole de courage"

Caroline Mécary, avocate et conseillère de Paris, retiendra "l'engagement" de Simone Veil, tout au long de son parcours. Pour elle, la magistrate représente "Du courage absolument, du début jusqu'à la fin de sa vie. C'est un symbole de courage. Cette femme a une histoire personnelle qui rencontre la grande Histoire." Caroline Mécary a réfuté le parallèle dressé par Georges-Marc Benamou, pour qui Simone Veil incarne le même "renouveau politique" qu'Emmanuel Macron aujourd'hui. 

Emmanuel Macron n'est pas aujourd'hui un symbole de courage. Il met en scène des symboles mais ne les incarne pas. C'est la grande différence avec Simone Veil.

Caroline Mécary, avocate et conseillère de Paris

à franceinfo

Maurice Szafran, biographe de Simone Veil : "Elle n'a pas choisi ses combats, ils se sont imposés à elle"

Maurice Szafran, journaliste et écrivain, biographe de Simone Veil,a expliqué comment ses combats "se sont imposés à elle""Le premier choc de sa vie, c'est quand, petite fille, avant d'être adolescente, elle entend son père interdire à sa mère de travailler. C'est son choc fondateur." Il a ensuite évoqué "le choc du camp", la déportation de Simone Veil à Auschwitz à 16 ans. "On découvre une personne hors norme."

Au camp, elle se comporte de façon hors norme. C'était la déshumanisation de chaque prisonnier qui s'occupait de lui pour, peut-être, survivre. Ce n'est pas ce qu'elle a fait. Au camp, elle s'est occupée quotidiennement de sa mère et de sa soeur. 

Maurice Szafran, biographe de Simone Veil

à franceinfo

Pour le biographe, l'histoire de Simone Veil est "tout à fait particulière, qui est allée jusqu'au bout, de drames en drames. C'est aussi une vie tout à fait dramatique." 

 

Simone Veil alors ministre de la Santé (à droite), avec la secrétaire d\'État aux Universités, Alice Saunier-Seïté.
Simone Veil alors ministre de la Santé (à droite), avec la secrétaire d'État aux Universités, Alice Saunier-Seïté. (AFP)