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Acheter dans un commerce local indépendant, ça crée trois fois plus d'emplois ?

Le réalisateur du documentaire "Demain", avec Mélanie Laurent, pêche légèrement par optimisme, mais le chiffre qu'il avance a déjà été constaté dans des études en France.

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(Cyril Dion © Maxppp)

Cyril Dion se base sur les travaux de l'économiste Raphaël Souchier, qui lui même a étudié des travaux menés aux Etats-Unis depuis une quinzaine d'années, sous l'impulsion de Michael H. Shuman. Des mesures faites dans plusieurs Etats américains permettent d'arriver autour de ce chiffre. En France, très peu d'études ont été menées dans ce champs. Celles dont on dispose confirme cette tendance tout en nuançant ce chiffre. Ainsi, selon le cabinet Utopies, qui a créé un comparateur pour mesurer l'empreinte économique des activités sur un territoire, les ratios tournent en général autour de 1,5 à deux emplois pour un, ce qui est déjà bien.

Cela signifie, par exemple, que chaque emploi dans un restaurant indépendant, qui s'approvisionne localement, en induit ou en soutient un ou deux autres dans les 90-100km à la ronde.

Mais le chiffre donné par Cyril Dion a tout de même été constaté, mais au niveau national. Une étude menée pour le salon du made in France en novembre 2015 dans le secteur textile montre qu'un emploi dans une entreprise de textile qui produit en France en génère ou en maintient trois autres dans le pays. Ca s'appelle l'effet multiplicateur.

Pas de solution miracle

Cet effet est différent selon la nature de l'activité : un restaurant ne génère pas les mêmes retours pour un territoire qu'une librairie par exemple. Mais il semble efficace dans tous les cas, sans constituer pour autant une solution unique et miracle. D'abord parce que, sous la pression, les chaînes, notamment certains supermarchés, augmentent leurs rayons produits locaux et donc consolident aussi l'emploi local. Ensuite, certains produits de grande consommation ne peuvent pas vraiment être produits localement : imaginez des usines de voitures ou d'ordinateurs partout. Par ailleurs, les bananes ou le café ne sont pas encore cultivés sous nos lattitudes, du moins métropolitaines.

Enfin, les multinationales créent de l'emploi dans d'autres secteurs économiques. Par exemple, il faut bien des marins pour faire naviguer les bateaux chargés de containers. Donc, rien n'est simple, mais ces données font réfléchir sur le développement économique à coups de call-centers ou de plates-formes logistiques.

Sources : 

Site et livre de l'économiste français Raphaël Souchier sur la production locale

Local Footprint, outil de mesure de l'emprunte économique d'une activité au niveau local, développé par le cabinet Utopies

Le site de Michael H. Shuman

Etude sur l'impact emploi du made in France

(Cyril Dion © Maxppp)