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Les Suisses sont-ils de gros mangeurs de petits chats ?

Comme Brigitte Bardot et Michel Drucker, plus de 20.000 personnes ont signé une pétition réclamant l'interdiction de la consommation de viande de chat et de chien en Suisse. Mais si cette pratique est effectivement légale, elle est loin d'être une tradition très répandue de l'autre côté des Alpes.

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Radio France

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(Une pétition contre la consommation de chats et de chiens en Suisse a recueilli 23.000 signatures © Maxppp)

Le Süddeutsche Zeitung s'en lêche presque les babines : Des petits chats au thym et romarin , titre le journal allemand pour évoquer la pétition lancée en août par l'association SOS Chats Noiraigues. La BBC, Le Figaro ou encore la RTBF ont également parlé de ce texte qui réclame l'interdiction de la consommation de chats et de chiens en Suisse. Signe supplémentaire de ce succès : 23.000 signatures dont celles de Michel Drucker et Brigitte Bardot. 

Cela peut paraître étonnant, mais c'est effectivement légal de consommer des animaux de compagnie en Suisse. "La viande de chiens est principalement utilisée pour faire des saucisses et de la graisse contre les rhumatismes et la viande de chats est consommée plutôt en famille et cuisinée comme un lapin pendant la période de Noël, en particulier dans les cantons de Berne, de Lucerne et du Jura ", explique le site SOS Chats Noiraigues.

Une pratique courante en Suisse ?

Pas vraiment. "Environ 3% des Suisses mangent en cachette du chat ou du chien ", répète Tomi Tomek dans plusieurs interviews depuis quelques jours. Ce qui représente tout de même 240.000 personnes. Sauf que la présidente de l'association SOS Chats "ne sait pas combien de Suisses mangent effectivement de la viande de chat et de chien ".

Pour justifier ce chiffre, la responsable associative renvoit vers une autre association, Mensch spirits helevetia qui annonçait effectivement 3% de consommateurs d'animaux de compagnie... dans un seul des 27 cantons suisses, celui de Schwyz. Ce qui abaisserait le nombre de consommateurs à 4.400 personnes. Autre souci : les 3% ne sont pas sourcés, il s'agit d'une estimation.

Mais alors combien de chats et de chiens se retrouvent dans une casserole suisse ? Impossible à dire. Ce type de viande n'est pas comptée dans les différentes catégories de la consommation nationale. Ou alors peut-être dans les "autres viandes" qui représentent donc 0,1% de la consommation totale.

Enfin, la production, la vente et l'abattage de chiens et de chats en vue de les consommer sont strictement interdit en Suisse. Ce qui limite tout de même les occasions de mitonner les ragoûts de matous.

(Une pétition contre la consommation de chats et de chiens en Suisse a recueilli 23.000 signatures © Maxppp)