Le rendez-vous du médiateur, France info

Le rendez-vous du médiateur. Passions autour du référendum catalan

Le référendum du dimanche 1er octobre sur l’indépendance de la Catalogne a suscité de très nombreuses réactions d’auditeurs. Mais des réactions très opposées. 

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Bruno DenaesfranceinfoRadio France

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Le président de la Généralitat de Catalogne, Artur Mas, vote en présence des journalistes venus du monde en entier. 
Le président de la Généralitat de Catalogne, Artur Mas, vote en présence des journalistes venus du monde en entier.  (ALBERT GEA / REUTERS)

Isabelle Labeyrie, cheffe du service Monde de franceinfo, de retour de Barcelone répond aux questions du médiateur, Bruno Denaes. 

Le travail des journalistes sur place et la difficulté d'entendre les anti-indépendantistes

A en croire les messages adressés par les auditeurs, la question de l’indépendance de la Catalogne passionne et divise. Et comme à chaque fois en pareil cas, il y a les "pour" et les "anti". Chaque "camp" n’a évidemment pas la même écoute de nos informations. Vafa, par exemple estime que, dans la matinale de lundi, "franceinfo n’a diffusé que des interviews de nationalistes catalans". A l’inverse, André se dit "dégoûté" que "vous ayez diffusé Rajoy comme s’il était le président d’un gouvernement convenable et d’une démocratie respectueuse".

Isabelle Labeyrie :"Les anti-indépendantistes ont eu la parole sur l'antenne de franceinfo ; en fait, chacun a pu s'exprimer, notamment grâce aux reporteurs de Radio France sur place et aussi grâce aux reportages de France Bleu Roussillon. Mais, le camp des indépendantistes est cimenté autour d'un projet commun. Il est très organisé politiquement, socialement et culturellement. Pourtant, 60% de la population catalane est opposée à l'indépendance, mais elle ne dispose pas de structure organisée. Sur le plan médiatique, ce sont les indépendantistes qui dominent".

Autonomie oui, indépendance non

Plusieurs auditeurs reprochent l’usage de la formule "référendum interdit par Madrid, interdit par le pouvoir central". Pour Yaël, "cela manque de nuance : le référendum était tout simplement illégal. Vous donnez l’impression que l’État a outrepassé ses droits".
A l’opposé, Luis nous écrit : "Arrêtez de dire que ce référendum est interdit par la constitution, c’est faux". 

Isabelle Labeyrie : "Ce référendum a tout simplement été interdit par le tribunal constitutionnel ; il est donc en effet illégal".

Et Montserrat conteste le fait que "les électeurs aient pu voter plusieurs fois", comme cela a été dit.

I.Labeyrie : "Effectivement, il y a eu un manque de tenue évident concernant les listes électorales et des électeurs ont pu voter plusieurs fois".

La liberté de la presse bafouée


Selon Guy : "La presse française en bloc, dont franceinfo, a sciemment tu les  pressions et intimidations dont elle est elle-même victime. Des journalistes ne peuvent pas exercer leur métier, sont menacés, cela aux portes de la France dans un pays européen ami.
Pourquoi donc cette omerta ?"

Isabelle Labeyrie : "Franceinfo a bien parlé du rapport de Reporters Sans Frontières (lundi dernier). Les pressions et intimidations exercées par les indépendantistes à l'égard de la presse espagnole sont réelles, mais pas contre la presse étrangère. Certains lobbys sont très actifs ; ils lancent des débats pour mettre en difficulté les journalistes. Impossible pour certains d'approcher les bureaux de vote... Et des menaces de mort ont même été proférées contre des journalistes de médias nationaux espagnols".

Le président de la Généralitat de Catalogne, Artur Mas, vote en présence des journalistes venus du monde en entier. 
Le président de la Généralitat de Catalogne, Artur Mas, vote en présence des journalistes venus du monde en entier.  (ALBERT GEA / REUTERS)