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La Shoah : le lourd héritage des enfants des survivants

C'est aujourd'hui le jour de commémoration annuel de la Shoah. Il reste aujourd'hui des dizaines de milliers de survivants de l'Holocauste en Israël. Ils vivent souvent dans des conditions très difficiles. On parle moins en revanche de leur descendance, ceux qu'on appelle la "2e génération" et qui portent aussi les marques psychologiques de la Shoah.

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Radio France

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La "2e génération", ce sont tous les enfants des victimes de l'Holocauste, nés après
la guerre. En Israël, les survivants de la Shoah sont encore prêts de 200.000. La "2e génération" représente donc des centaines de milliers de personnes. Des gens
qui ont aujourd'hui une cinquantaine ou une soixantaine d'années et qui ont en commun de souvent souffrir de lourdes difficultés émotionnelles.

"La Shoah était présente du petit déjeuner au diner"

Michel
Kichka les décrit très bien. C'est un dessinateur, vivant en Israël depuis 40
ans. Son père est un rescapé de Buchen Wald. "Mon
père n'a pas parlé comme beaucoup de rescapés, mais les camps étaient sans cesse
mentionnés à la maison. La Shoah était présente du petit déjeuner au diner. Il
ne fallait jamais rien laisser dans son assiette, jamais parler trop fort. Y
avait cette angoisse que ça se repasse. Et résultat, on a tous vécu autour de
nos parents avec une précaution incroyable en essayant de ne pas leur faire de
peine. Ce qui fait que j'ai eu beaucoup de mal à me construire, à faire à ma
vie
 ", explique-t-il.  

C'est
en partie en écrivant une bande dessinée que Michel Kichka a réussi à s'alléger
de son fardeau. Une BD sortie il y a deux ans, intitulée 2e génération. Et l'an prochain, il
ira peut-être enfin avec son père en Pologne visiter les camps.

La "2e génération" victime de cauchemars, d'anxiété ou d'obsessions

Il
existe en Israel des ONG qui s'occupent de prendre en charge les survivants de
l'Holocauste et leurs enfants. L'une d'entre elles s'appelle Amcha. Et l'ONG
propose des psychothérapies, des groupes de parole. Selon Martin Auerbach,
psychiatre et directeur clinique de l'ONG, la "2e génération" ne souffre pas de pathologies lourdes mais elle est plus souvet sujette au
syndrome de stress post traumatique comme les cauchemars, l'anxiété ou les
obsessions.

L'art
est parfois un moyen de tourner la page. C'est ce qu'a fait en tout cas Sylvain
Biegeleisen, documentariste vivant en Israël. Il a filmé sa mère de 87 ans,
victime des camps, pendant plusieurs mois. Un documentaire thérapeutique en
quelque sorte qui lui a permis de s'alléger de ce "poison" .
Mais cette démarche est rare et l'apaisement vient finalement de la 3e génération. "La 3e
génération
, raconte Johanna Gottesfeld, la directrice d'Hamkha à Jerusalem,
a beaucoup moins de difficultés à demander aux grands parents le récit de
leur vie"
.

Aujourd'hui,
ce sont toutes les générations qui commémoreront le souvenir de la Shoah. Et ce matin, c'est  out l'Etat hébreu qui s'arrêtera pour deux minutes de silence en mémoire des six millions de juifs exterminés dans les camps.

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