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La fin du Minitel : 3615 adieu

Après trente années de bons et loyaux services, le minitel tire demain à minuit sa révérence. France Télécom tourne une page technologique en mettant fin au X 25, le réseau par lequel les services transitaient. Plébiscité par les Français, le minitel a connu un véritable succès dans le pays avant de se faire voler la vedette par l'internet. Sa mort avait été annoncée une première fois il y a deux ans. Mais devant le tollé, France Télécom s'était ravisée. Cette fois, c'est bel et bien terminé.

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Peut-être faisiez-vous partie de ceux qui croyaient
que le minitel était déjà mort et enterré. 400.000 irréductibles l'utilisaient
encore en ce début d'année. Certains parcequ'ils n'ont pas accès à l'ADSL,
d'autres par habitude notamment les personnes âgées : "l'utilisation est
simple, pratique, rapide, on ne se fait pas embêter par la publicité
"
témoigne Gérard Neyret, un retraité de 80 ans. "C'est beaucoup plus pratique
que l'internet.
"

Pour ces inconditionnels du minitel, France Télécom
a créé il y a deux ans un service d'une centaine de personnes chargées de gérer
en douceur la transition vers l'internet. Cela concerne également les
professionnels, les agriculteurs, les buralistes ou encore les chaînes de
supermarchés, comme Casino, qui utilisaient encore les services du 3615 pour
passer des commandes ou même les médecins pour télétransmettre les feuilles de
soins. Le minitel, un compagnon de route durant 30 ans...

Lancé pour informatiser la France, le minitel est
d'abord un annuaire électronique quand il intègre les foyers français le 30 juin
1982.

Il connait un vif succès qui culmine au milieu des
années 90 avec six millions de terminaux et 25 millions d'utilisateurs. Le réseau
passe par les lignes téléphoniques. Pour se connecter il suffit de taper les
fameux codes 3515, 3611 ou encore 3617.

"Le minitel devait être simple d'utilisation et
intégrer rapidement les foyers français
" explique Bernard Marti, l'un de ses
inventeurs. "C'est la raison pour laquelle les terminaux ont été distribués
gratuitement et qu'il n'y avait pas de code secret pour naviguer d'un service à
un autre comme en Allemagne ou en Angleterre
", précise l'ingénieur.
Pas de
mot de passe donc, une navigation libre. Et un système de financement très
rentable grâce à la surfacturation à la minute. Plus la consultation est
longue, plus la facture grimpe ce qui fait la fortune des services du minitel rose, le plus connu 3615 ULLA édité par AGL. Laurent Barbeau, l'un de ses
directeurs, se souvient :" Le minitel nous rapportait de l'argent dès la
première minute de connexion. Les années fastes, le chiffre d'affaire montait à
180 millions de francs (27 M d'euros) pour un coût de 30 millions
".

Des grands noms de l'internet font fortune avec le
minitel rose comme Xavier Niel, le fondateur de Free. Les journaux aussi comme
le Nouvel Obs avec son 3615 ALINE ou Libération.Le minitel a-t-il vraiment
retardé l'arrivée de l'internet ?
Cette affirmation a le don d'énerver Benjamin
Thierry, co-auteur avec Valérie Schaffer de Le Minitel, l'enfance numérique de la France aux éditions Cigres.
Selon cet universitaire, il a au contraire
préparé les Français à l'arrivée du web grâce à l'utilisation du clavier, de
l'écran :"grâce à la messagerie, à la vente par correspondance, aux tchats,
aux pseudonymes. Il a inventé les termes de "navigation" ou encore de "page".
"

800.000 appareils sont encore aujourd'hui en
circulation. Si vous ne savez pas quoi faire de votre vieux minitel, vous pouvez
le recycler. Il vous suffit de l'amener dans un magasin Orange. 90% du matériel sont réutilisés, notamment le plastique en pare-choc de voiture.

Quand Louis Mexandeau, ministre des PTT en 1981, se souvient de la naissance du Minitel :

 



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