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Le mot de l'éco. La fin des voitures essence ou diesel pour 2040 ?

Nicolas Hulot a annoncé jeudi la fin des voitures qui émettent des gaz à effet de serre d'ici à 2040.

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Guillaume GavenfranceinfoRadio France

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Des voitures électriques dans Paris, en juin 2015
Des voitures électriques dans Paris, en juin 2015 (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique, a annoncé jeudi dans le "plant climat" du gouvernement, la fin des voitures qui émettent des gaz à effet de serre, à l'horizon 2040. En clair, la fin des voitures essence ou diesel. Le développement des voitures électriques va encore s'accélérer avec ces annonces.

C’est dans l'air du temps depuis un petit moment mais l'électrique aujourd'hui, c'est très marginal : 1% des ventes annuelles sur un marché de deux millions de véhicules. Une goutte d'eau qui ne peut que grossir.

Développement des voitures électriques en Europe

La Norvège a annoncé cette semaine que les immatriculations de voitures électriques étaient désormais majoritaires, et si l'on y ajoute les voitures hybrides, on dépasse plus de la moitié du marché. Il faut dire que le pays y a mis le paquet. Acheter une voiture électrique est exempté de taxes, les péages sont gratuits, le stationnement aussi, alors que l'achat d'une voiture thermique est lourdement taxé.

Tout ça tient à la volonté politique ?

Oui. Chez nous aussi d'ailleurs, toutes proportions gardées. La Renault Zoé, le modèle électrique le plus vendu en France, coûte 23.000 euros. Pas donné pour une citadine mais l'État verse 6.000 euros de bonus écologique. Les constructeurs avertissent déjà pour généraliser l'électrique, il faudra une aide des pouvoirs publics, ne serait-ce que pour équiper tout le territoire en bornes de rechargement. Un investissement colossal.

L'électrique pose aussi d'autres questions

Il va falloir beaucoup, beaucoup d'électricité. Les projections donnent un peu le tournis. Selon une étude publiée cette semaine par Bloomberg, on passera de 6 térawatts heure en 2016 à 1.800 à l'horizon 2040, soit 300 fois plus. Comment fournir autant d'énergie ? Pas question de faire tourner des centrales à charbon, ça ferait mauvais genre. Il faudra de l'énergie propre.

Et puis, autre problème soulevé, celui des terres rares, ces métaux précieux utilisés dans les batteries actuelles, au lithium. Un enjeu stratégique. C'est la Chine qui assure l'essentiel de la production mondiale.

La voiture électrique est-elle promise à un bel avenir ? 

Oui, d’abord parce qu'en se développant, ça va coûter de moins en moins cher à produire, tout simplement. Toujours selon cette étude de Bloomberg, une voiture électrique devrait se vendre au même prix qu'une essence dès 2025. Dans 8 ans donc. Pourquoi ? Tout simplement parce que le prix des batteries notamment va continuer à plonger. Il a déjà diminué des deux tiers depuis 2010 et leur autonomie, elle, va encore tripler d'ici 4 ans.

Selon cette projection, en 2040, les deux tiers des voitures vendues en Europe seront électrifiées - c'est-à-dire électriques ou hybrides. Nicolas Hulot veut donc aller un peu plus vite pour la France. Et il n'est pas tout seul : d'autres pays se sont même montrés plus ambitieux, comme l’Inde, qui veut bannir les voitures thermiques d'ici à 2030.

Des voitures électriques dans Paris, en juin 2015
Des voitures électriques dans Paris, en juin 2015 (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)