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Le décryptage éco. Revenu universel : les ressorts d'une polémique en pleine primaire

A la veille du premier débat de la primaire organisé, l’affrontement le plus vif entre les sept candidats concerne le revenu universel. 

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Les sept candidats à la primaire de la gauche. De gauche à droite et de haut en bas : Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls.
Les sept candidats à la primaire de la gauche. De gauche à droite et de haut en bas : Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls. (Stéphanie Berlu - Radio France)

Le revenu universel propose de verser une somme de plusieurs centaines d’euros à tous les citoyens, sans condition, chaque et tout au long de sa vie. Selon la proposition de Benoît Hamon, le montant serait de 750 euros.

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De Thomas Paine à Milton Friedman

Historiquement, le revenu universel est à la fois une idée de gauche, développée au lendemain de la révolution française, mais aussi une proposition de la droite, chez les libéraux. A gauche, on se réfère à Thomas Paine, philosophe américain du XVIIIe siècle, engagé dans les révolutions des deux côtés de l’Atlantique. Il a proposé que chaque adulte reçoive une dotation en terre à sa majorité, puis une rentre foncière dans sa vieillesse. De nos jours, cette idée prend la forme d’un revenu d’existence, destiné à éradiquer la pauvreté. C’est de cette philosophie qui a inspiré les promoteurs du RMI (Revenu minimum d’insertion) et de ce qu’on appelle aujourd’hui le RSA (Revenu de solidarité active).

Chez les libéraux, les partisans du revenu universel invoquent l’économiste américain Milton Friedmann. Né en 1912, il a notamment inspiré les politiques libérales mises en œuvre sous les mandats de Ronald Reagan. L’idée de base est la même : éradiquer la pauvreté. Mais dans ce cas, le revenu garanti vient se substituer aux principales prestations sociales : chômage, aides au logement, santé et retraite. La collectivité offrirait un minimum pour survivre, c’est ensuite à chacun de construire sa vie, selon ses mérites.

Une proposition clé dans le programme de Benoît Hamon

Le revenu universel est revenu sur le devant de la scène en plein débat pour la primaire de la gauche. Pour Benoît Hamon, le travail va se raréfier et le travailleur se précariser, à cause des mutations technologiques, de la robotisation et du numérique. Il veut donc instaurer le revenu universel en commençant par les jeunes.

Une mesure inenvisageable pour Arnaud Montebourg 

Au contraire, pour Arnaud Montebourg, mais aussi pour Manuel Valls ou même Emmanuel Macron, le travail demeure central. Il est le lieu de l’émancipation, il donne du sens à la vie, il est le socle de nos sociétés. Le problème principal de la société est alors l’éducation, la formation, l’adaptation permanente des hommes et des femmes pour donner à chacun la possibilité de se faire une place. Ils récusent donc le revenu universel, car selon eux c’est par le travail qu’on évite ou sort de la pauvreté. 

Les adversaires du revenu universel affirment (ils n’ont pas tort) que le financement d’une telle mesure impliquerait un véritable choix de société. Impossible de généraliser le revenu universel sans transformer en profondeur l’ensemble de notre Etat providence. Un choix qui imposerait un changement de culture et même un changement de modèle politique.

Les sept candidats à la primaire de la gauche. De gauche à droite et de haut en bas : Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls.
Les sept candidats à la primaire de la gauche. De gauche à droite et de haut en bas : Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls. (Stéphanie Berlu - Radio France)