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Le décryptage éco. Renault, premier constructeur automobile mondial dès cet été ?

Les actionnaires de Renault ont accepté de justesse le salaire du PDG pour 2016. Renault qui pourrait devenir le premier consctructeur automobile d'ici peu.

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, au Mondial de l\'Automobile, le 30 septembre 2016.
Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, au Mondial de l'Automobile, le 30 septembre 2016. (ULI DECK / DPA)

Les actionnaires de Renault se sont réunis en assemblée générale, jeudi 15 juin, pour faire le point sur la stratégie du groupe et, surtout, trancher sur la rémunération du patron, Carlos Ghosn. Les actionnaires ont dit oui, mais de justesse.

L'an dernier ça avait cassé, cette année, c’est passé. De justesse. Les actionnaires ont entériné à 53 % le salaire du PDG pour 2016 : sept millions d’euros uniquement pour la partie Renault. La politique de rémunération pour 2017 a également été avalisée mais à des conditions durcies pour plus de transparence sur la part variable du salaire, et la prise en compte de plus de critères sociaux et environnementaux. Toutes les autres résolutions ont été votées à 80 %, un quasi-plébiscite.

Rumeurs démenties

Le démenti a été catégorique concernant  la polémique sur le système que Renault-Nissan aurait monté, aux Pays-Bas, pour gonfler les bonus des dirigeants, dans le plus grand secret. "Il n’y a rien de vrai, on est dans le roman", a répondu Carlos Ghosn à une assistance en attente de clarification face aux rumeurs. L'affaire a été balayée d’un revers de main par le patron du groupe qui a de quoi susciter quelque jalousie. Selon ses calculs, l’alliance Renault-Nissan devrait devenir dès cet été le premier constructeur automobile mondial en volume devant Volkswagen, Toyota et l’américain General Motors.

Avenir et enjeux pour Renault

Plusieurs dossiers vont s’imposer au cours des 12 à 15 prochains mois. D’abord, les relations avec l’Etat actionnaire qui possède près de 20 % de Renault. Si fusion intégrale il doit y avoir avec le japonais Nissan, on peut douter que Carlos Ghosn acceptera de le faire avec l’Etat au capital. Le président de la République, Emmanuel Macron, qui n’était pas contre l’opération lorsqu’il était ministre de l’Economie, connaît très bien le rapport de force possible sur cette question.

Ce qui nous amène au deuxième dossier : les relations à venir entre Renault et Nissan. Rien ne semble pouvoir arrêter les deux entreprises de se rapprocher, jusqu’à fondre dans une seule entité avec l’autre japonais, Mitsubishi, récemment racheté par Nissan. Enfin, jusqu’à quand Carlos Ghosn va accompagner cette mutation majeure ? Après 16 ans de règne, son mandat vient à échéance au printemps prochain.

Rapidement, les histoires de gouvernance pourraient bien dépasser les débats sur un salaire qui, certes, place Carlos Ghosn dans le trio de tête du CAC40, mais bien en dessous des autres patrons internationaux, qui ne peuvent pas tous exprimer la fierté d’avoir hissé leur entreprise là où est aujourd’hui le groupe français.

 

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, au Mondial de l\'Automobile, le 30 septembre 2016.
Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, au Mondial de l'Automobile, le 30 septembre 2016. (ULI DECK / DPA)