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Le décryptage éco. Paris relance la guerre des aides publiques à Boeing

Airbus contre Boeing. La France demande le retrait des subventions accordées par les Etats-Unis au constructeur aéronautique américain. D'après Paris, cette affaire porte gravement préjudice au constructeur aéronautique européen. 

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Un Boeing 777.
Un Boeing 777. (RITCHIE B. TONGO / EPA)

La France demande le retrait des subventions accordées par les Etats-Unis au constructeur aéronautique américain Boeing. Selon Paris, cette affaire porte gravement préjudice à l’européen Airbus. C'est le enième épisode de la guerre commerciale que se livre les deux avionneurs.

La guerre commerciale ne fait que se prolonger. En verra-t-on un jour l’issue ? Pas sûr. Certainement pas sous l’ère Donald Trump. La démarche de Paris fait suite à une récente déclaration de l’Organisation mondiale du commerce. L’OMC a une nouvelle fois dénoncé le versement illégal de subventions à Boeing par le gouvernement américain. Pour l’OMC, il ne fait aucun doute que le constructeur aéronautique américain a bénéficié d’une exemption fiscale entre 2013 et 2015 malgré les promesses de Washington d’y mettre un terme. Des subventions qui constituent une entrave aux règles de concurrence équitable.

Une affaire portée devant l'OMC en 2004 

Cette guerre des subventions dure depuis 2004, date à laquelle l’affaire a été portée devant l’OMC. Depuis, les deux constructeurs d’avions s’accusent mutuellement de profiter d’aides d’Etats et de fausser ainsi les règles du jeu commercial. Il faut savoir que dans cette industrie très dépendante de la conjoncture internationale, les enjeux financiers sont tels que les banques n’ont jamais soutenu les projets sans amorce des Etats.

Considérer qu’une entreprise aéronautique puisse se développer seule est totalement illusoire. D’où ces subventions qui sont, en réalité, des prêts beaucoup plus avantageux que ce pourraient proposer les banques. Cela s’appelle des "avances remboursables". Les Etats avancent l’argent et les entreprises remboursent au fur et à mesure des ventes. De plus, nous sommes là dans des secteurs industriels stratégiques.

Des subventions très encadrées 

Le rôle de l’Organisation mondiale du commerce est de veiller au respect des règles concurrentielles, vérifier que le montant des subventions ne pénalise ou ne favorise l’un ou l’autre groupe sur le plan commercial. Une subvention peut très vite devenir une prévente d’appareil. Boeing, qui travaille également sur des programmes militaires, transfère une partie des financements gouvernementaux du militaire (Blacks Programs) vers les programmes civils.

Côté américain, Boeing n’a qu’un Etat porteur de capital (l‘Etat de Washington). En Europe, plusieurs Etats sont actionnaires d’Airbus, ce qui ne facilite pas la donne. À défaut d'un vrai leadership, une domination industrielle, l'Europe risque de devoir se contenter encore longtemps de simples victoires juridiques via l'OMC.

Un Boeing 777.
Un Boeing 777. (RITCHIE B. TONGO / EPA)