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Le décryptage éco. L’euro reflète la situation économique de l’Europe

L’euro repart à la hausse : mercredi 28 juin, la devise européenne a atteint un pic jamais vu depuis un an, notamment face au dollar. Faut-il y voir une bonne ou une mauvaise nouvelle pour notre économie ?

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Le traditionnel débat entre partisans de l’euro fort, signe de puissance, et ceux de l’euro faible, qui y voient une occasion de vendre nos produits moins chers à l’étranger, est relancé.
Le traditionnel débat entre partisans de l’euro fort, signe de puissance, et ceux de l’euro faible, qui y voient une occasion de vendre nos produits moins chers à l’étranger, est relancé. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Pour les Européens, voir l’euro s’apprécier face au billet vert, ou aux autres grandes monnaies internationales comme le yen japonais ou le yuan chinois, est plutôt un source de fierté. D’autant que depuis 2011, l’euro s'est déprécié de 30%, reprenant 10% depuis le début de l’année.

De quoi relancer le traditionnel débat entre partisans de l’euro fort, signe de puissance, et ceux de l’euro faible, qui y voient une occasion de vendre nos produits moins chers à l’étranger et donc profiter à nos entreprises. Pour l’instant, il n'y a pas de flambée de l’euro : son niveau actuel est 1,13 face au dollar. Lors de son introduction en 2000 il cotait à 1,18. Nous continuons donc d'y gagner au change.

Pourquoi est-ce que l’euro remonte ?

Partout, on parle de reprise de la croissance et l’Europe n’est pas épargnée : les indicateurs – consommation, investissements, etc. – sont au vert. L’euro reflète la situation économique de l’Europe qui reprend des couleurs. Aux Etats-Unis, il y a eu l’élection de Donald Trump, mais après l’effet positif sur le billet vert, les investisseurs sont aujourd'hui plus prudents à l’égard d’un président qui peine à convaincre du bien-fondé de sa politique, y compris dans son propre camp. Les investisseurs n’apprécient que peu et délaissent par conséquent plus ou moins le dollar au profit de l'euro.

Enfin, pour expliquer la remontée de l'euro, il faut aussi prendre en compte les élections en France et l’effet Macron indéniable sur la scène européenne. Ajoutons-y le discours du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui laisse penser à une sortie de la politique monétaire de soutien à l’économie, signe d’une amélioration conjoncturelle.

Quelles conséquences pour les particuliers ?

Un euro qui remonte favorise le retour de l’inflation (la hausse des prix). Mais l’inflation n’est pas une maladie honteuse : une remontée des prix, ce sont des produits vendus plus chers par les entreprises qui peuvent ainsi améliorer leurs marges, investir plus, embaucher et, normalement, augmenter les salaires.

Par contre, l’effet est moins bon pour les épargnants. La hausse des prix conjuguée à une baisse des taux d’intérêts créé en effet ce que l’on appelle un "effet ciseaux" : une moindre rémunération de l’épargne à cause des taux bas et augmentation des prix à la conso, au final, l’épargnant n'y trouve pas son compte. C’est un peu comme le beurre et l’argent du beurre : on ne peut pas tout avoir.

Le traditionnel débat entre partisans de l’euro fort, signe de puissance, et ceux de l’euro faible, qui y voient une occasion de vendre nos produits moins chers à l’étranger, est relancé.
Le traditionnel débat entre partisans de l’euro fort, signe de puissance, et ceux de l’euro faible, qui y voient une occasion de vendre nos produits moins chers à l’étranger, est relancé. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)