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Le décryptage éco. La Chine ne veut plus racheter le monde

La chine veut garder ses devises afin de stopper l’envolée de sa dette. Ce qui explique que ses investissements à l'étranger sont en baisse.

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franceinfoLise JollyRadio France

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Chinoise empaquetant des Yuans au centre de transport de Kunming
Chinoise empaquetant des Yuans au centre de transport de Kunming (WANG YUHENG / IMAGINECHINA)

Il y a peu de temps, la Chine rachetait encore des terres agricoles dans le Berry. Aujourd’hui, le gouvernement chinois a le pied sur le frein et ses investissements à l’étranger sont en chute libre. La Chine veut garder ses devises chez elle et stopper l’envolée de sa dette.

En janvier, les investissements chinois à l’étranger ont plongé de plus de 35 %. La fièvre de l’investissement tous azimuts retombe en Chine à l’incitation même du gouvernement. Depuis la fin de l’an dernier, il bride l’investissement de ses entreprises pour qu’elles arrêtent d’acheter n’importe quoi et à n’importe quel prix. Secteurs à risques, l’immobilier, le sport ou le divertissement sont fortement déconseillés. Tout investissement de plus de 10 milliards de dollars, voire de plus d’un milliard, si il ne s'agit pas de domaines clefs, est interdit. Car les 170 milliards de dollars d’investissement hors frontière de l’an dernier plombent et le yuan et la dette qui atteint aujourd’hui les 250 % du PIB dans une économie chinoise qui s’essouffle.  

Enrayer la fuite des capitaux

L’an dernier, 700 milliards de dollars ont quitté l’empire du Milieu, capitaux mis à l’abri face à la peur d’une dévaluation ou de l’éclatement de la bulle immobilière. En 2016, les achats à l’étranger avaient augmenté de 44 %, effectués la plupart du temps à crédit, surtout dans la pierre et aux Etats-Unis. Il est désormais conseillé de procéder à des placements plus judicieux comme des sites industriels ou des plateformes logistiques dont la Chine a besoin le long de ses nouvelles routes de la soie qu’elle met en place via le train pour faciliter son commerce avec l’Europe. Une Europe d’abord boudée par les Chinois mais qui, l’an dernier, a fait l’objet d’achat records avec 35 milliards investis en Europe, dont 11 en Allemagne avec le rachat d’entreprises de haute technologie comme le fabricant de robots Kuka.

Réaction tardive de l’Europe

Le rachat de Kuka a d’ailleurs déclenché la colère de Berlin, le gouvernement allemand a même bloqué le rachat de deux autres entreprises. Dans une lettre à la commissaire européenne, Cécilia Malmström, les ministres de l’économie allemand, français et italien viennent de se réveiller et demandent à l’Europe de protéger davantage ses entreprises stratégiques. Ils ont dénoncé le risque de bradage de l’expertise européenne et réclamé de la réciprocité. La lune de miel avec la Chine semble donc se terminer pour certains européens. Mais c’est d’abord la taxe à 45 % sur les produits chinois annoncée par Trump qui a refroidi Pékin.

Changement de modèle

Le gouvernement aimerait faire rentrer des devises étrangères et pour ça, il faudra bien qu’il ouvre davantage les portes de la Chine. Pas gagné car si Trump suit jusqu’au bout son idée de taxe, les entreprises américaines présentes en Chine risquent de faire leur valise et les exportations subir un coup de froid. L’atelier du monde est au bout de ses possibilités. Il s’efforce de revoir son modèle économique en se tournant vers les technologies de pointe, les services et son propre marché intérieur. Ça va prendre du temps .On comprend mieux pourquoi à Davos, cette année, c’est le pré
La Chine ne veut plus racheter le monde par franceinfosident chinois qui a été le meilleur avocat de la mondialisation.

Chinoise empaquetant des Yuans au centre de transport de Kunming
Chinoise empaquetant des Yuans au centre de transport de Kunming (WANG YUHENG / IMAGINECHINA)