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Le décryptage éco. Code du travail : salariés, fonctionnaires, cheminots, étudiants... vers la convergence des luttes ?

La journée d'action du 12 septembre sera le premier test social pour Emmanuel Macron. Le décryptage de Fanny Guinochet (L'Opinion).

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Fanny Guinochet (L'Opinion)franceinfoRadio France

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Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine). (MAXPPP)

Mardi 12 septembre, la CGT appelle à la mobilisation contre les ordonnances qui vont réformer le code du travail. La CGT parie sur la mobilisation de plus de 180 manifestations et 4 000 appels à la grève pour mardi. Ce sera le premier test depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir.

Aux côtés de la CGT, il y aura Solidaires, SUD et la FSU. Mais, contrairement à la loi El Khomri, Jean-Claude Mailly, de Force ouvrière, n’appelle pas à manifester. Cela n’empêchera pas d’avoir des militants FO dans les cortèges.

Les fonctionnaires mobilisés

Pour toucher plus de monde, la CGT a élargi son mot d’ordre : la lutte ne concerne pas seulement les ordonnances, mais aussi la diminution des contrats aidés ou la défense du service public. Même s’ils ne sont pas concernés par la réforme du Code du travail, les fonctionnaires seront nombreux. Comme les cheminots de la SNCF, qui défendront leur statut et leur régime spécial de retraites qui est menacé.

Il faut s’attendre à quelques perturbations dans les transports, à la SNCF, la RATP, à Air France, à France Télévisions, dans les collectivités…  Mais la mobilisation promet d’être limitée, car la date est tout proche de la rentrée.

Rapport de force

Philippe Martinez a d’ores et déjà prévu une autre date, le 21 septembre pour une journée d'action. Le leader de la CGT veut installer un bras de fer avec le gouvernement dans la durée. Il veut surtout couper l’herbe sous le pied de Jean-Luc Mélenchon, et de la France insoumise, qui appellent à une démonstration de force partout en France le samedi 23 septembre.

Le 23, il pourrait y avoir beaucoup plus de monde que mardi. D'abord, c'est un samedi, il n’est pas nécessaire de poser un jour de congé. Surtout, le 23, c’est une opposition globale à la politique d'Emmanuel Macron qui va s’exprimer.

Un test pour les chantiers à venir

Est-ce que pour autant ces mobilisations peuvent faire flancher Emmanuel Macron ? Quel que soit le nombre de manifestants, le texte des ordonnances ne devrait pas être retouché. Mais ce sera un signal fort pour les autres chantiers du gouvernement. Et ils sont nombreux : cette semaine, le gouvernement va présenter son plan logement ; le 27 septembre, il va dévoiler le budget ; on attend aussi la circulaire qui dira où les contrats aidés seront supprimés, et ces arbitrages vont agacer les élus ; cet automne, le gouvernement devrait instiller une forme de sélection à l’université, de quoi faire bondir les étudiants ; la réforme de l’assurance chômage promet d’énerver les partenaires sociaux ; et en 2018, la réforme des retraites, risque de braquer les fonctionnaires. 

Même si, en Grèce, Emmanuel Macron a dit qu’il était déterminé contre "les fainéants", "les cyniques", "les extrêmes". C’est bien la coagulation de tous les mécontentements sur tous ces sujets explosifs qui pourrait le fragiliser.

Le chiffre du jour. +34% de véhicules électriques vendus en France en un an. Rien qu’en juillet-août, les Français ont acheté 3 700 véhicules particuliers et utilitaires. Preuve que la voiture électrique trace doucement sa route (en tête : la Renault Zoe, devant la Nissan Leaf).

Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine). (MAXPPP)