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Le débrief politique. Primaire de la gauche : anomalie dans le mode d'emploi du vote

Une anomalie dans le scrutin de la primaire de gauche, l'opération-séduction de Montebourg avec les patrons, l'opération déminage de Thierry Solère et le mystérieux voyages aux USA de Marine Le Pen. Tout ce qu'il ne fallait pas rater de l'actualité politique du mercredi 11 janvier. 

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franceinfoYaël GooszRadio France

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Un bureau de vote à Lyon, lors de la primaire de la droite en novembre 2016 
Un bureau de vote à Lyon, lors de la primaire de la droite en novembre 2016  (JEFF PACHOUD / AFP)

Primaire de la gauche : J -1 avant le premier débat 

Jeudi soir, les sept candidats de la primaire de la gauche auront l'occasion d'exposer leurs programmes dans un premier débat, onze jours avant le premier tour du scrutin très surveillé. Les candidats veulent éviter toute fraude. Parce que qui dit fraude dit primaire décrédibilisée, vainqueur mal élu et affaibli pour la suite. Comment faire ?  Avoir des bras partout pour tenir les bureaux et avoir des assesseurs, c'est évident pour Manuel Valls, qui a le soutien de l'appareil, c'est moins évident pour les autres. Résultat : certains candidats ont décidé de se filer un coup de main. Benoit Hamon et Arnaud Montebourg vont se rendre service ; 
"Je contrôle la sincérité du scrutin dans ce bureau où je n'ai personne, et réciproquement." Et ces petits services rendus en annoncent d'autres. Même si Montebourg et Hamon s'écharpent beaucoup sur le revenu universel ou le cannabis, dans le cas où l'un des deux ne serait pas au second tour, ce qui se prépare, c'est bien un ralliement de l'un en faveur de l'autre face à Manuel Valls.

Une anomalie détectée dans le mode d'emploi du vote à la primaire de gauche

C'est l'info du débrief de franceinfo. Certains électeurs ont théoriquement la possibilité de voter deux fois. Le 3 janvier dernier, le comité d'organisation des primaires a voté une nouvelle règle pour permettre une plus grande participation.
Jusque-là, seuls les électeurs à jour d'inscription sur les listes au 31 décembre 2015 étaient autorisés à émarger. Mais le droit de vote a été finalement élargi à ceux qui se sont inscrits avant le 31 décembre 2016, à condition de présenter un récepissé, un document de votre mairie qui atteste bien votre demande de carte d'électeur. Autrement dit, si vous avez déménagé en 2016, rien ne vous empêche de voter dans votre ancienne résidence une première fois, et une seconde fois là où vous avez emménagé l'année dernière. 

Défilé de candidats de la primaire devant la CGPME 

"Moi je suis un petit fils de boucher charcutier, c'était : 'la boucherie Montebourg, le le régal de toujours', à Autun, et j'ai même fait le commis l'été à couper du jambon" Montebourg est allé devant les patrons en mode séduction, aujourd'hui. 

De son côté Yannick Jadot a présenté son slogan : "La France vive". Le programme : sortie du nucléaire d'ici à 2035, revenu universel, réforme fiscale, Smic à 1 800 euros brut. Yannick Jadot veut également inscrire l'écologie dans la constitution. 

Trois nouveaux visages à En Marche 

Trois nouveaux venus, pas forcément très connus du grand public, vont peser dans l'organigramme d'Emmanuel Macron. Fini Canal +, fini le journalisme pour Laurence Haïm, qui couvrait jusqu'à maintenant la Maison blanche,
là voilà porte-parole du candidat, elle s'installera en milieu de semaine prochaine au QG. Fini France Stratégie pour l'économiste Jean Pisani-Ferry, celui qui conseillait le gouvernement sur les grands projets d'avenir fait lui aussi ses cartons pour aider Macron. Jean Pisani-Ferry devient responsable des idées et de son programme. Et puis dernier arrivé, un ancien de la Sofres, Denis Delmas, qui intègre l'équipe pour surveiller les études d'opinion.

UDI / LR, toujours le blocage ?

La négociation pour les circonscriptions aux législatives est très difficile. Et le centriste Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, le confirme : "On est loin d'un accord". Ça coince, nous dit-il, dans deux tiers des départements".

Thierry Solère, porte-parole de François Fillon, était l'invité mercredi 11 janvier de l'émission Questions d'infos, sur LCP,  en partenariat avec Le Monde, l'AFP et France Info. Thierry Solère a profité de la tribune pour déminer la polémique Poutine / Bachar, deux dirigeants sulfureux qui ont ouvertement soutenu et chanté les louanges du candidat de la droite. "Considérer que l'on ne parle pas à ceux qu'on aime pas, en diplomatie, c'est une stupidité" a indiqué Thierry Solère.  Et François Fillon a clarifié les choses ce matin chez nos confrères de BFM : "Bachar est un dictateur au passé sanglant, a-t-il dit, un manipulateur, je ne souhaite pas son maintien."

Macron jugé laxiste par le clan Fillon 

Officiellement l'adversaire c'est le PS, c'est la gauche. Mais l'intrus Macron, la bulle qui dure et qui n'éclate pas, ses sondages prometteurs commencent sérieusement à inquiéter les fillonnistes. Alors, Thierry Solère tente un nouvel angle d'attaque, Macron ce serait la gauche, la gauche laxiste sur les drogues. "C'est criminel de réengager ce débat-là aujourd'hui, on est le pays d'Europe qui consomme le plus de cannabis. Moi je trouve une contradiction chez Macron : 'il nous dit que la prochaine génération soit une génération zéro tabac et en même temps, il nous dit : je trouve que c'est pas mal le débat sur la légalisation du cannabis", pointe Thierry Solère. Commentaire chez Macron : "Fillon panique, nous on continue notre campagne positive." 

Les frondeurs du clan Fillon 

Son frondeur en chef Laurent Wauquiez, vice-président des républicains,  réclame le retour aux fondamentaux de Nicolas Sarkozy, et notamment le rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées. C'est niet, on ne change pas le programme. 

La note du débrief 

Un 5 sur 20 pour Marine Le Pen et l'opacité de sa campagne. Elle a décollé mercredi 11 janvier pour une visite de deux jours à New York.  L'objectif de son voyage : levée de fonds ? négociation d'un prêt avec une banque ? Visite surprise à Trump ?  Mystère...  La plupart de ses proches sont muets, y compris son propre directeur de campagne. Soit ils ont pour consigne de se taire, soit ils ne sont pas même dans la boucle, ce qui est tout aussi inquiétant.

Un bureau de vote à Lyon, lors de la primaire de la droite en novembre 2016 
Un bureau de vote à Lyon, lors de la primaire de la droite en novembre 2016  (JEFF PACHOUD / AFP)