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Le débrief politique. Les candidats à la présidentielle cherchent à faire campagne

L'affaire Fillon à un nouveau tournant, Benoît Hamon qui cherche à prendre de l'élan, Emmanuel Macron qui se défend. Tout ce qu'il ne fallait pas rater de l'actualité politique du jeudi 16 février, avec Louise Bodet.

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Le candidat socialiste à l\'élection présidentielle, Benoît Hamon, inaugure son QG de campagne, le 11 février 2017 à Paris.
Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, inaugure son QG de campagne, le 11 février 2017 à Paris. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Le feuilleton Fillon continue

Il n'y aura pas de classement sans suite, en tout cas pas tout de suite, prévient le parquet national financier jeudi 16 février. Le soupçon d'emplois fictifs qui frappe la famille Fillon n'est donc pas levé, l'enquête préliminaire continue.

Mais pour l'instant, il n'y a pas d'ouverture d'information judiciaire, encore moins de renvoi en correctionnelle, ce qui donne de l'espoir au camp Fillon. Un très proche du candidat de la droite à la présidentielle n'hésite d'ailleurs pas à clamer : "C'est une bonne nouvelle", car selon lui, "tous ceux qui se délectaient par avance" de l'ouverture d'une information judiciaire ou d'une citation directe, en sont pour leurs frais. Le classement sans suite par la justice serait bien l'hypothèse privilégiée, à en croire les fillonistes.

Ce qui explique cette conclusion un peu bravache de François Fillon lui-même au Figaro : "Cette annonce n'est qu'un acte de communication qui nourrit le feuilleton médiatique." Le candidat s'en remet au "seul jugement du suffrage universel", autrement dit, les urnes plutôt que les juges.

François Fillon relance sa campagne sur le terrain de la sécurité

Pour relancer sa campagne, François Fillon mise tout sur le terrain sécuritaire. Il fait d'ailleurs un nouveau déplacement en petit comité vendredi à Tourcoing (Nord).

Il s'agit d'une table ronde sur la sécurité, puis d'une visite d'un centre social. Ces rendez-vous n'apparaissent pas à l'agenda, car le candidat veut éviter la meute de journalistes ou les comités d'accueil.

Quand François Hollande tacle François Fillon 

Le chef de l'État était en déplacement à Rennes, jeudi, pour parler de la politique de la ville. François Hollande y a réitéré son appel au respect, alors que les tensions restent vives, deux semaines après l'interpellation violente du jeune Théo. Mais il a aussi attaqué le candidat de la droite.

La première volonté qui doit être la nôtre, celle de l'Etat, c'est d'être exemplaire. L'exemplarité, cela vaut pour tout. Et si au sommet de l'Etat, il n'y a pas cette exemplarité, comment donner confiance ?

Le président, François Hollande

Le chef de l'État fait étape vendredi dans la proche banlieue parisienne, à Ivry-sur-Seine. Ce déplacement est consacré au logement social, et est l'occasion pour François Hollande de tacler à nouveau Benoît Hamon et Emmanuel Macron. "La banlieue, nous on y va tous les jours, insiste un proche. On aimerait bien que les candidats à la présidentielle en fassent autant."

Zoom sur le dossier de candidature de Benoît Hamon

franceinfo vous propose de regarder à la loupe le parcours et les propositions des candidats à la présidentielle, avec leur dossier de candidature. C'est le socialiste Benoît Hamon qui ouvre le bal, celui qu'on n'attendait pas là.

Dans une campagne où l'on va de surprise en surprise, celle-ci n'est pas la moindre. En effet, la crédibilité est le premier défi que Benoît Hamon doit relever. Il doit montrer qu'il vise bien l'Elysée, et non Solférino, le siège du Parti socialiste. Même certains de ses soutiens le laissent entendre : la marche est peut-être un peu haute pour celui qui, à 49 ans, passe pour un petit nouveau aux yeux des électeurs.

C'est pourtant un professionnel de la politique, un vrai militant. D'après les études d'opinions, les Français le trouvent sympathique. Il a quelques semaines pour prouver qu'il n'est pas le candidat des seuls "bobos", mais aussi des "prolos", que son approche des problèmes peut plaire, et que son revenu universel ne fait pas de lui un doux rêveur tendance gauche de la gauche.

En tout cas, il y a un autre trait d'image auquel tient beaucoup Benoît Hamon, c'est celui de l'homme honnête et transparent. Son équipe a d'ailleurs présenté jeudi ses propositions en matière de moralisation de la vie publique. Il veut notamment interdire aux parlementaires de recruter un membre de leur famille, rendre incompatible le mandat de parlementaire avec toute activité de "conseil", et renforcer le contrôle sur les dépenses des parlementaires dans le cadre de leur indemnité.

Pour autant, se campagne peine à vraiment démarrer, disent ses détracteurs, au sein de son propre parti. Beaucoup ne lui pardonnent pas d'avoir frondé depuis son départ du gouvernement. Les mêmes ne se reconnaissent pas dans la campagne. On lui savonne donc ouvertement la planche ou on parie sur son échec pour récupérer après ce qu'il restera du PS.

La note du débrief

Un zéro pointé au candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron. C'est la droite, unanime, qui lui met cette note, dénonçant ses propos sur la colonisation,. Il s'agit d'un "crime contre l"humanité" a-t-il déclaré à la télévision algérienne.

Voir la vidéo

Le leader d'En Marche s'en explique, et se défend dans une vidéo postée jeudi. "Il faut avoir le courage de dire les choses, dire que la colonisation a entraîné la négation du peuple algérien, affirme-t-il, et je ne céderai rien à tous les responsables politiques qui, aujourd'hui, cherchent à instrumentaliser mes propos à des fins clientélistes et électoralistes."

En attendant, un très proche de François Fillon se frotte les mains. "Macron commence à raconter des conneries, c'est un débutant". À droite, on se rassérène comme on peut..

Le candidat socialiste à l\'élection présidentielle, Benoît Hamon, inaugure son QG de campagne, le 11 février 2017 à Paris.
Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, inaugure son QG de campagne, le 11 février 2017 à Paris. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)