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Le brief éco. Vivendi avale Havas : l’alliance des tuyaux et des contenus

SFR annonce une opération majeure dans le sport et Vivendi reprend le groupe publicitaire Havas : jeudi 11 mai, une nouvelle bataille s’est engagée dans la guerre entre deux acteurs majeurs français des médias.

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Emmanuel CugnyfranceinfoRadio France

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Jeudi, Vincent Bolloré, le vrai grand patron de Vivendi, à qui appartient justement Canal, annonce qu’il met la main sur le groupe Havas dont il détient déjà une partie du capital.
Jeudi, Vincent Bolloré, le vrai grand patron de Vivendi, à qui appartient justement Canal, annonce qu’il met la main sur le groupe Havas dont il détient déjà une partie du capital. (THOMAS COEX / AFP)

La guerre des tuyaux et des contenus apparaît en fond de décor. Les tuyaux, c'est internet, la fibre, le câble. Les contenus, c’est ce que les opérateurs font passer dans les fameux tuyaux : les films, la culture, le sport, l’information et la publicité. Jeudi 11 mai au matin, SFR annonce qu’il rafle les droits de retransmission de la Ligue des champions européenne de football pour 370 millions d’euros, au nez et à la barbe de la chaîne sportive qatari beIN-Sport et Canal+.

La réponse du berger à la bergère

En fin d’après-midi, Vincent Bolloré, le vrai grand patron de Vivendi (à qui appartient justement Canal) annonce qu’il met la main sur le groupe Havas dont il détient déjà une partie du capital. La réponse du berger à la bergère en l’espace de quelques heures. 

Le gros coup réalisé par l’opérateur téléphonique fragilise Canal+, dont le foot fait partie de l’ADN, et porte un sérieux coup au plan de relance de la chaîne de Vivendi. D’où le déplacement de la bataille sur le terrain d’autres contenus comme les films, l’information, la publicité. En réalité, SFR et Vivendi chassent désormais sur les mêmes terres, avec pour objectif de monétiser les contenus, faire en sorte que ce qui passe dans les tuyaux rapporte de l’argent. C’est de bonne guerre. 

En pleine concurrence frontale, chacun dévoile sa stratégie 

Chez Vincent Bolloré, l’idée de consolider ses deux entités média Vivendi et Havas est dans les cartons depuis au moins un an. L’actualité n’a fait qu’en accélérer l’annonce. Havas va tout simplement devenir une entité de Vivendi comme l’est Canal+, Universal, Dailymotion ou Gameloft. Cette alliance Vivendi-Havas a du sens quand on analyse le comportement des clients. Ces derniers demandent une diversité de contenus, à moindre prix, qu’ils consomment sur leurs smartphones et autres tablettes. L'opération fait sens aussi du point de vue technologique. 

Quant aux agences de publicité, le cœur de métier d’Havas depuis le XIXe siècle, en recoupant le marché des datas (les données informatiques), elles peuvent mieux cibler les clients et leur proposer les contenus qui leur correspondent. Avec Altice-SFR et Vivendi-Havas, la France est en train de gagner deux leaders mondiaux du contenu et de la communication. Jusqu’aux Etats-Unis pour le premier et l’Afrique pour le second. Mais ceci est un autre versant du dossier.

Jeudi, Vincent Bolloré, le vrai grand patron de Vivendi, à qui appartient justement Canal, annonce qu’il met la main sur le groupe Havas dont il détient déjà une partie du capital.
Jeudi, Vincent Bolloré, le vrai grand patron de Vivendi, à qui appartient justement Canal, annonce qu’il met la main sur le groupe Havas dont il détient déjà une partie du capital. (THOMAS COEX / AFP)