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Le brief éco. Présidentielle : les industriels entrent en campagne

Près d'une vingtaine de fédérations industrielles vont lancer mardi un programme d'action partout en France et ce, sur plusieurs mois. Elles veulent se battre contre la désindustrialisation.

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Philippe Darmayan,  président du GFI, (Groupement des Fédérations Industrielles), patron d\'Arcelor-Mittal-France.
Philippe Darmayan,  président du GFI, (Groupement des Fédérations Industrielles), patron d'Arcelor-Mittal-France. (JOHN THYS / AFP)

Dix-neuf fédérations industrielles annoncent leur programme mardi 4 avril et se projettent dans l'après élection présidentielle. Seize propositions au total pour accompagner le prochain président de la République dans un plan de reconquête, après deux décennies de désindustrialisation

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Nous sommes à 19 jours du premier tour de l’élection et voilà que nos industriels décident de battre le pavé. Ils ne présentent pas de candidat mais vont avoir, eux aussi, leurs affiches sur les murs des grandes villes de France à partir de mardi 4 avril. Il ne s'agit pas d'une énième campagne de publicité. Le GFI (Groupement des Fédérations Industrielles) lance un programme d’action sur plusieurs mois.

L'opération baptisée La Fabrique de l’avenir réunit les 19 fédérations industrielles françaises, de l’agroalimentaire à la métallurgie, en passant par l’ameublement, la pharmacie, le carton, la peinture, etc. 

Opération reconquête

Il s’agit d’un plan de reconquête de la place perdue après quinze à vingt ans de désindustrialisation. Le poids de l’industrie manufacturière dans le PIB est passé de 20 % en 1980 à 11 % en 2014. En Allemagne, l’industrie pèse aujourd'hui 22 % de la richesse nationale.

Même si elle n'a pas retrouvé ses capacités d'avant crise, l’industrie française se redresse. De 270 sites fermés en 2013, le nombre est descendu à 190 en 2015. Les différentes branches totalisent 80 % de la recherche et développement privée, ce qui est important à l'heure de la double révolution écologique et numérique. Un emploi industriel génère trois emplois induits chez les sous-traitants. Tous secteurs confondus, 100 000 postes sont à pourvoir d’ici 2025.

Seize propositions concrètes 

L'ambition du Groupement des Fédérations Industrielles est de voir plus loin que l'élection présidentielle. C’est d'accompagner le prochain président de la République, quel qu'il soit, dans les réformes dont le pays a besoin.

Cela se fera en travaillant en réseau, aucun secteur ne travaillera dans son coin. Par exemple, sur les questions de formation. Si leurs métiers sont éloignés, la métallurgie et la pharmacie peuvent offrir des modules communs, en fonction des bassins de population et des écosystèmes régionaux. 130 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification, diplôme ou emploi.

Les seize propositions vont être déclinées en autant de chantiers dans les prochains mois. Mais le président du GFI, Philippe Darmayan – par ailleurs patron d’Arcelor-Mittal-France –  estime que la baisse de la fiscalité attendue par l’industrie n’est pas comprise par les candidats à l’élection présidentielle. L’industrie n’est pas morte, bien au contraire. Maintenant, reste à convaincre.

 

Philippe Darmayan,  président du GFI, (Groupement des Fédérations Industrielles), patron d\'Arcelor-Mittal-France.
Philippe Darmayan,  président du GFI, (Groupement des Fédérations Industrielles), patron d'Arcelor-Mittal-France. (JOHN THYS / AFP)