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Le brief éco. Pourquoi les prix du prix pétrole jouent au yo-yo

Jeudi, le cours du baril de pétrole est passé sous la barre des 50 dollars, son plus bas niveau depuis plusieurs mois. Une instabilité qui va perdurer. 

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Des traders de la bourse de New York, le 6 mars 2017.
Des traders de la bourse de New York, le 6 mars 2017. (BRYAN R. SMITH / AFP)

Jeudi 9 mars 2017, le baril de pétrole est redescendu à son plus bas niveau depuis décembre 2016, sous les 50 dollars, soit 49 dollars précisément à New York. La volatilité va se poursuivre cette année et alourdir les incertitudes sur l’économie mondiale.

Le principe de l'offre et la demande

La cause principale de la baisse des cours du brut est le retour en force du pétrole de schiste américain sur le marché. En novembre dernier, les pays membres et non membres de l'OPEP, ce qui était historique, s'étaient mis d'accord pour réduire leur production et faire remonter les cours du brut pénalisés par une faible demande mondiale. Mais depuis janvier, le pétrole de schiste américain revient avec une production de quelque 9 millions de barils par jour, ce qui contrarie l’initiative de l’OPEP. L’offre redevient plus importante que ce dont l’économie mondiale a besoin pour tourner et les prix repartent à la baisse. C’est la loi de l’offre et de la demande.

Les hypothèses si la situation perdure

Tant que le schiste américain abreuvera le marché, les prix du brut seront tirés vers le bas. Et cela risque de continuer car le nombre de puits de forage augmente aux Etats-Unis et Donald Trump veut accélérer le mouvement au nom de l’indépendance énergétique de son pays.

On remarquera au passage que 50 / 60 dollars le baril, c’est le seuil de rentabilité pour les producteurs américains. Les Etats-Unis ont donc tout intérêt à entretenir ce niveau. Ce n’est pas la théorie du complot, nous sommes dans une phase d'instabilité totale. D’ailleurs, l’Agence Internationale de l’Énergie n’est pas très optimiste pour les cinq prochaines années. Elle parle même d’un possible nouveau choc pétrolier dans les trois ans. 

L'agence de l'énergie s'inquiète 

L'agence de l'énergie part du principe que lorsque l'économie mondiale va vraiment repartir, elle va avoir besoin de pétrole pour fonctionner. Or, comme on aura auparavant baissé les investissements pour les raisons expliquées plus haut (les investissements des groupes pétroliers ont baissé de 25 % en 2015 et de 26 % en 2016), les infrastructures auront du mal à fournir le carburant demandé. On constatera alors une flambée des prix avec toutes les conséquences négatives. On sait par exemple qu’une hausse du baril de 10 dollars augmente le coût d’importation de l’énergie en Europe de près d’un demi-point de produit intérieur brut (PIB), ce qui pèse sur la croissance. Et comme notre croissance est déjà faiblarde…

2017 va rester l’année de la volatilité des cours du brut. La vraie conclusion est qu’il faut vraiment accélérer l’émergence d’une économie décarbonnée, donc accélérer la transition énergétique.

 

Des traders de la bourse de New York, le 6 mars 2017.
Des traders de la bourse de New York, le 6 mars 2017. (BRYAN R. SMITH / AFP)