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Le brief éco. PME et TPE : moins de crédits depuis le début de l’année

Les crédits accordés par les banques aux petites entreprises sont en repli depuis début 2017. les TPS sont plus fragiles et les banques sont prudentes.

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Plaque sur une grille d\'une Banque de France.
Plaque sur une grille d'une Banque de France. (MAXPPP)

Selon une enquête publiée mardi 18 avril par la Banque de France, les crédits accordés par les banques aux petites entreprises sont en repli depuis le début de l’année. Un paradoxe quand on sait que ce sont les PME et TPE qui créent l’emploi aujourd’hui en France. De nombreuses études montrent que le robinet du crédit est bien ouvert aux entreprises qui en ont besoin – ce qui n’est pas faux en soi (le volume des crédits accordés aux PME a progressé de 3% en février) – mais quand on regarde d'un peu plus près, la situation est beaucoup plus nuancée.

Entre janvier et mars, les petites structures se sont vues accorder un crédit d’investissement dans 82% des cas contre 85% fin 2016. L’écart peut paraître infime mais il montre qu'il y a bien eu contraction du nombre d’emprunts accordés. Et ce sont les TPE (très petites entreprises, qui emploient jusqu’à neuf salariés) qui en ont fait les frais. Or, ces crédits  leur sont très importants car ils servent bien souvent à financer l’exploitation ou surmonter une passe difficile. On les appelle crédits de trésorerie. Entre janvier et mars, les TPE étaient environ 65% à obtenir gain de cause auprès de leur banquier contre 70% au quatrième trimestre 2016. Donc, là encore, il y a repli.

Les taux et la frilosité des banques en question

De fait, les TPE sont plus fragiles que les autres entreprises. Les banques sont donc plus prudentes quand il s’agit de leur prêter de l’argent. Mais cela n'est pas nouveau. L'explication la plus récente nous renvoie à la Banque centrale européenne. Jusqu’à il y a peu, la BCE prêtait à taux zéro, voire à taux négatifs, pour inciter les établissements financiers à rediriger l’argent vers les entreprises.

Mais les taux remontent et les conditions auxquelles les banques commerciales vont chercher le carburant dans les coffres de la BCE sont moins avantageuses. Bilan, les banques commerciales sont plus regardantes. Les banques continuent de prêter mais de manière plus modérée et différemment.

Les banques diversifient leur soutien 

Un autre mode de soutien financier prend le relais : "l’affacturage". Les banques prennent à leur charge les factures payables par les entreprises à leurs fournisseurs mais ne leur prêtent pas directement l’argent avec intérêts.

Cela permet aux banques de ne pas subir les risques liés au crédit, et les entreprises bénéficiaires ne sont pas étranglées par les taux de remboursement des emprunts. Cette méthode est de plus en utilisée. C’est une des mutations de notre environnement économique d'après-crise.

Plaque sur une grille d\'une Banque de France.
Plaque sur une grille d'une Banque de France. (MAXPPP)