Le brief éco, France info

Le brief éco. Comment redynamiser le commerce de centre-ville ?

On assiste depuis plusieurs années à la désertification des centres-villes de nombreuses communes. Les petits commerces ferment les uns après les autres faute de clients. Un phénomème qui s'aggrave.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
avatar
franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

Mis à jour le
publié le

Opération ville morte organisée par des commerçants de Montélimar (Drôme) qui se plaignent de la désertification du centre-ville, le 18 novembre 2016.
Opération ville morte organisée par des commerçants de Montélimar (Drôme) qui se plaignent de la désertification du centre-ville, le 18 novembre 2016. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Disparition des petits commerces, consommation sur internet... les centres-villes sont soumis à rude épreuve. Comment redynamiser le commerce de proximité ? La question se pose cruellement dans de plus en plus de régions. D’ici à 2020, les ventes sur internet devraient, au mieux, entraîner la transformation, au pire, la disparition, de près de deux millions de mètres carrés de surface commerciale, soit environ 10% de la surface existante aujourd’hui. Mercredi 1er mars, des assises sont organisées à Paris par la secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Artisanat, Martine Pinville, pour faire le point.

L’effet supermarchés, qui a alimenté la chronique pendant des décennies, est presque à reléguer aux archives. Aujourd’hui, on montre du doigt le commerce sur internet, la numérisation d’un nombre croissant de services qui entraîne la disparition d’agences locales de certaines grandes banques commerciales avec son cortège de licenciements. En 1930, la France comptait deux millions de magasins. Il en reste aujourd’hui quelque 800 000.

Le taux d'inoccupation des boutiques à un niveau critique

Selon Procos (la fédération représentative du commerce spécialisé), le taux d’inoccupation des boutiques de centre-ville atteint près de 10%. Or, les experts placent la limite dangereuse aux alentours de 7%. Au-dela, c’est le dérapage assuré pour l’équilibre économique d’une ville, avec toutes les conséquences sociales imaginables.

Certaines municipalités résistent, mais ce sont les plus grandes : Toulouse, Lyon, Strasbourg réussissent à maintenir un commerce de proximité. Idem pour des villes plus petites comme Biarritz ou La Rochelle mais dans bien des cas, ces commerces se cantonnent au prêt-à-porter, la chaussure ou la restauration rapide. Dans le niveau critique des 7%, on retrouve les villes de 50 000 habitants et moins.

Les boutiques physiques gardent leur utilité

Différentes lois tentent régulièrement de recréer une dynamique, mais il est très difficile d’aller contre l’histoire et l’évolution de nos modes de consommation. Paradoxalement, internet représente peut-être le commerce traditionnel de proximité de demain, à l’image de ces petits commerçants qui se servent du web pour référencer leurs produits et fidéliser une clientèle.

Les acteurs du commerce uniquement présents sur le web (les pure players) l'ont bien compris. Ils ouvrent de plus en plus de boutiques en centre-ville pour créer le lien avec la clientèle, s’en rapprocher pour mieux la conseiller. Là est la vraie concurrence, mais le client le demande et ,jusqu’à preuve du contraire, le client est roi. Enfin, facteur déterminant : le volontarisme des maires des communes. C'est un combat permanent mais qui paie quand les élus s'impliquent réellement, et croient eux-mêmes au commerce de proximité.

Opération ville morte organisée par des commerçants de Montélimar (Drôme) qui se plaignent de la désertification du centre-ville, le 18 novembre 2016.
Opération ville morte organisée par des commerçants de Montélimar (Drôme) qui se plaignent de la désertification du centre-ville, le 18 novembre 2016. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)