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Le brief éco. Carrefour plonge en bourse, un défi de plus pour son nouveau patron

Le titre Carrefour a perdu plus de 13%, jeudi. Une baisse qui intervient quelques semaines après l’arrivée d’un nouveau patron, Alexandre Bompard.

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Un supermarché Carrefour à Toulouse (Haute Garonne).
Un supermarché Carrefour à Toulouse (Haute Garonne). (REMY GABALDA / AFP)

Carrefour se souviendra de sa journée du jeudi 31 août 2017 en bourse. Le titre a perdu plus de 13% pour terminer la séance à 17 euros. Une baisse qui intervient quelques semaines après l’arrivée d’un nouveau patron. Alexandre Bompard, 44 ans, ancien président directeur-général de Fnac-Darty, a succédé en juillet à Georges Plassat, parti à la retraite à 68 ans et qui occupait le fauteuil depuis 2012. Ce dernier avait redonné des couleurs à Carrefour, premier groupe de grande distribution en Europe.

Mais plus que l’arrivée du nouveau patron, ce sont les résultats du premier semestre annoncés mercredi soir qui ont agité les marchés. Pour les six premiers mois de l’année, le groupe affiche un résultat opérationnel certes positif de 620 millions d’euros, mais en repli de 12%. Avec des marges (capacités d’investissement) en baisse et une grande prudence affichée pour la fin de l’année.

Amazon en embuscade

Ce qui pose problème à Carrefour aujourd’hui, c’est sa rentabilité, un chiffre d’affaires en hausse mais des déboires au Brésil et en Argentine, une vive concurrence sur le sol français (Leclerc sur les prix et les promotions), et une attaque frontale du commerce en ligne sur le non-alimentaire. Et puis il y a les vautours. On sait que l'entreprise américaine de commerce électronique Amazon cherche à s’acheter à bon prix des distributeurs traditionnels, notamment en Europe, pour élargir son empire. Carrefour apparaît comme une cible de choix.

C’est probablement l’autre partie du signal envoyé par les marchés : attention, Amazon et ses 460 milliards de dollars de valorisation boursière à Wall Street pourraient ne faire qu’une bouchée du groupe français qui, lui, pèse entre 13 et 15 milliards d’euros.

Le challenge "omnical"

Les principaux chantiers qui attendent Alexandre Bompard sont connus. Carrefour a besoin de bouger, rajeunir, simplifier ses structures, devenir plus agile, s’adapter aux contraintes liées aux nouvelles habitudes de consommation. Ce que le groupe a commencé à faire en partie sous Georges Plassat en rachetant l’année dernière le site rueducommerce.com. Alexandre Bompard est présenté comme l’homme de la situation. Après une tournée des popotes au mois d’août dans ses différents magasins en France, il promet de présenter un plan de transformation d’ici la fin de l’année.

Premiers contours du plan de reconquête, Alexandre Bompard veut accélérer la relance et le développement numérique de son entreprise. Faire de Carrefour ce que l’on appelle un groupe omnicanal, qui joue la complémentarité de tous les canaux de distribution. Le challenge est lourd. Proie ou pas pour Amazon, et malgré ses déboires boursiers, Carrefour et ses 380 000 salariés reste à ce jour le premier employeur de France.

Un supermarché Carrefour à Toulouse (Haute Garonne).
Un supermarché Carrefour à Toulouse (Haute Garonne). (REMY GABALDA / AFP)