L'invité de 8h15, France info

Bayrou : "La loi de l'absurde préside à la nouvelle carte des régions"

Le président du MoDem et maire de Pau, François Bayrou, était l'invité de France Info ce jeudi. Il tacle la réforme territoriale, qu'il juge présidée par la "loi de l'absurde" et prophétise qu'elle sera contre-productive en terme d'économies et de service public. Il n'est pas étonné de l'échec de la conférence sociale et ne voit pas en Nicolas Sarkozy un rassembleur pour l'opposition.

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(© RF/Nathanaël Charbonnier)

 La réforme territoriale

Le tracé de la nouvelle région Aquitaine-Limousin, si elle voit le jour, n'est aps du goût de François Bayrou. "Nous auront 400 ou 450 kilomètres de distance entre le Béarn et le nord du Limousin . Est-ce que c'est jouable ? Non, absolument pas ", rappelle le maire de Pau et président du MoDem. Pour lui, de telles régions, sans lien de vie commune entre leurs territoires, sont ingérables :

"On a l'impression que la loi de l'absurde est celle qui préside à la définition de cette carte des régions. Il y a un mois, on disait, l'Aquitaine va avec Poitou-Charentes, il y a deux semaines, on disait, l'Aquitaine va rester seule. Aujourd'hui, on dit l'Aquitaine va se marier avec le Limousin. C'est faire fi de ce qu'est une région. "

Et François Bayrou juge que le problème a été pris à l'envers, que le plus important était de s'attaquer au "mille-feuilles administratif" :

"Il fallait simplifier pour rendre plus efficace l'action publique et faire des économies. Or, on va rendre l'action publique moins efficace avec des régions qui n'ont pas d'unité et on ne fera pas d'économies, on dépensera davantage."

L'échec de la conférence sociale

Regrettant au passage l'abandon du plan de sauvetage initial de la SNCM, François Bayrou n'est pas étonné par l'échec de la conférence sociale. Car pour lui, la méthode choisie par le gouvernement pour mener le dialogue social est archaïque :

"Je pense que cette forme de dialogue social, à grand spectacle, à grand messe, a vécu. Le dialogue social doit être renforcé dans la proximité, il l'est dans des pays voisins du nôtre, par exemple en Allemagne, mais se retrouver dans des grand-messes dont on claque spectaculairement la porte alors qu'on a discuté derrière le rideau depuis longtemps, tout cela a montré ses limites. "

Le plan d'économies de l'Etat

La sortie des "lettres de cadrage" qui mettent en musique la politique budgétaire du gouvernement inquiète François Bayrou, surtout en ce qui concerne les crédits de la Défense, qui vont subir une rétractation d'environ 500 millions d'euros en 2014-2015, avant de réaugmenter pour enregistrer une petite hausse sur la période 2014-2017 :

"On a voté une loi de programmation avec les dépenses qui allaient avec, qui engageait de très gros efforts pour l'armée. c'est probablement l'action publique qui a fait le plus grand effort. Et puis aujourd'hui, alors qu'on a voté la loi de programmation en décembre - engagement solennel, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer - et  voilà que nous sommes au début du mois de juillet et tout cela est remis en cause. Il y a un très grand souci au sein de l'armée et je crois que ce souci mérite d'être entendu. "

L'UMP

Si François Bayrou se place à présent clairement dans l'opposition, il n'est pas tendre pour l'UMP :

"Il y a eu des manquements moruax innombrables. Et d'abord le principe fondamental que ceux qui ont le pouvoir sont chargés de défendre la loi et donc de la respecter pour eux-mêmes. Et s'ils ne la respectent pas, ils ne sont pas dignes de leurs responsabilités. "

Et ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui va arranger les choses :

"Est-ce que Nicolas Sarkozy peut être le rassembleur ? Je ne le crois pas bien entendu. Je pense qu'il est en situation au contraire de se trouver fragile en face des questions qu'on lui pose. "

(© RF/Nathanaël Charbonnier)