L'interview politique, France info

Philippot aux Britanniques : "Quand vous quitterez cette maison de fous, laissez la porte ouverte"

Florian Philippot, vice-président du FN, a indiqué vendredi sur France Info regarder "avec intérêt et gourmandise ce qui se passent au Royaume-Uni" alors qu'un sommet européen se tient à Bruxelles pour éviter une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE. Sur le projet de la réforme du Code du travail, il a estimé que "Mme El Khomri recopie ce que Bruxelles lui demande de faire".

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Alors que les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour trouver un compromis pour éviter une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, Florian Philippot, vice-président du Front national chargé de la stratégie et de la communication, s'est "réjoui ", vendredi sur France Info, "pour le peuple britannique de cette possibilité qui lui est laissée par référendum de retrouver cette liberté. Cela montre que c'est possible. On peut quitter l'Union européenne quand on est un grand pays, qui pèse à peu près le même poids économique que la France ." 

"Nous regardons avec intérêt et gourmandise ce qui se passe au Royaume uni. C'est la méthode que nous proposons depuis longtemps. La reconstruction de nations libres et d'une Europe fondée sur les nations. C'est ça qui marche " a estimé Florian Philippot. "Je dis aux Britanniques : 'Quand vous quitterez cette maison de fous, qui est l'Union européenne, si vous décidez de la quitter, laissez la porte ouverte parce que nous allons bientôt l'emprunter ", a ajouté le vice-président du FN.

Crise migratoire : "Le problème c'est le chantage turc

Florian Philippot a déclaré ne pas attendre "grand-chose " de la réunion prévue avec la Turquie, début mars, sur la crise migratoire. "Le problème, c'est le chantage turc ", a estimé Florian Philippot. "Tous les six mois, la Turquie réclame un chèque supplémentaire, des visas supplémentaires pour les Turcs en Europe et que l'on avance les négociations pour faire adhérer la Turquie à l'Union européenne. Or nous sommes résolument contre. La solution n'est pas là ." Florian Philippot a déploré que la France n'"ait plus de frontières nationales . Donc nous sommes sous le chantage turc. Il faut retrouver les frontières nationales et mettre fin à Schengen. Il faut obliger les pays voisins, les pays du Golfe" à accueillir des réfugiés, "parce que nous nous n'en avons pas les moyens ." 

Que Londres refuse d'accueillir des migrants qui se trouvent à Calais alors que c'est là qu'ils souhaitent en majorité se rendre est normal pour Florian Philippot. "Que la Grande-Bretagne défende ses intérêts nationaux qui peut le lui reprocher ? "

Réforme du travail : "Mme El Khomri recopie ce que Bruxelles lui demande de faire

Le projet de la réforme du Code du travail porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri "est une précarisation générale, inquiétante de l'ensemble des salariés. C'est d'inspiration bruxellois. Mme El Khomri recopie ce que Bruxelles lui demande de faire ", a dénoncé Florian Philippot. Il s'est dit "effaré de voir cette gauche qui à force d'obéir à Bruxelles a oublié l'intérêt d'avoir un pacte social français ".

Florian Philippot "aurait aimé que l'on travaille sur les délais de paiement par les collectivités locales ou l'Etat vis-à-vis des PME-PMI. J'aurais aimé que l'on revoit la manière dont est organisé le compte pénibilité et surtout que l'on travaille sur les modalités pour recréer des carnets de commande, de la croissance ."

Perquisitions au FN : "c'est une surveillance d'un parti d'opposition par le pouvoir"

Florian Philippot a réagi aux perquisitions qui ont eu lieu au siège du FN en lien avec une enquête sur les assistants des élus frontistes au Parlement européen. Il a dénoncé une surveillance par le pouvoir. "Quand une perquisition se fait au siège d'un parti comme le Front national, et qu'on perquisitionne l'ensemble des bureaux, y compris ceux qui n'ont rien à voir de près ou de loin avec cette affaire au Parlement européen, alors qu'il y a un procureur et pas de juge d'instruction, c’est-à-dire de neutralité, c'est une surveillance d'un parti d'opposition par le pouvoir. C'est très grave. Dans aucune démocratie on accepterait ça ."

Ces perquisitions viennent "du socialiste allemand Mr Schulz qui dit que les assistants parlementaires du Front national n'ont pas le droit d'être militants politiques et d'avoir des fonctions politiques. Dans tous les partis, les assistants parlementaires sont militants, peuvent avoir des fonctions associatives, politiques. C'est leur droit le plus absolu ", a réagi Florian Philippot. Enfin, le vice-président du FN a commenté le fait que Marine Le pen soit moins présente dans les médias : "Marine Le Pen n'est pas à la diète, elle se met un peu loin du buzz quotidien médiatique parisien qui n'est pas hyper intéressant.

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