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Migrants, chômage, agriculture... : Chatel dénonce "la passivité" de Hollande

Le président du Conseil national du parti Les Républicains a estimé jeudi sur France Info que "sur le chômage, on a tout essayé sauf ce qui marche". Sur la question des migrants, Luc Chatel juge que "François Hollande est dans une passivité vis-à-vis de l'Europe depuis le début", "c'est à la France de prendre des initiatives".

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Luc Chatel, président du Conseil national du parti Les Républicains, a réagi jeudi sur France Info aux images marquantes de migrants de Calais qui se sont cousus la bouche pour protester contre le démantèlement d’une partie du camp. "Ce sont des images tragiques qui doivent nous alerter, nous faire réagir. Il faut dire à l’Europe : 'bougez-vous ! Faites enfin une politique européenne de l’immigration'. La France a un rôle à jouer là-dedans ", a estimé Luc Chatel.

Pour lui, "la question doit se traiter au niveau européen. Moi je suis frappé de voir le président de la République réduit à une espèce ce passivité qui est entre celle du commentateur et du spectateur. C’est à la France de prendre des initiatives. Elle doit faire la tournée des capitales européennes et elle doit négocier avec l’Allemagne ". "On ne prend pas d’initiatives. François Hollande est dans une passivité au niveau de l’Europe depuis quatre ans. Il faut peser, prendre des initiatives, avoir une vision, un projet sur l’Europe". Et d'ajouter : " Qui peut sortir l’Europe de ce désastre ? L’Allemagne ne peut pas le faire le seul, donc c’est à la France de le faire. Rappelez-vous en 2005 après l’échec sur la Constitution européenne. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont rédigé ensemble le traité de Lisbonn e".

Quant à la question de l’accueil des migrants, "les pays européens doivent s’entendre sur des quotas et doivent s’entendre pour les répartir entre les pays", a estimé Luc Chatel. "Il faut avoir des frontières surveillées qui soient contrôlées dans le cadre une politique commune" . "Tant que nous n’aurons pas des règles communes nous ne pourrons pas relever ce défi des migrants qui est le défi du XXI siècle ", a ajouté le président du Conseil national du parti Les Républicains.

"Une période de cohabitation institutionnelle entre le gouvernement et sa majorité "

Alors que deux intersyndicales sont organisées ce jeudi pour tenter d'élaborer des contre-propositions communes au projet de loi El Khomri sur la réforme du droit du travail, Luc Chatel a estimé que "c’est mal parti " pour ce texte tout en reconnaissant que ce sujet a posé "beaucoup de situations délicates pour les différents gouvernements de droite ou de gauche ". Le président du Conseil national du parti Les Républicains a constaté "une situation inédite,  c'est de battre en retraite avant une présentation en Conseil des ministres".  "Nous sommes entrés dans une période de cohabitation institutionnelle entre le gouvernement et sa majorité ", a-t-il remarqué. 

Quant au fond, Luc Chatel s’est dit "favorable à un contrat de travail plus flexible. Il faut expliquer aux gens que ce qui compte c’est être capable de retrouver un emploi ". "Il faut une économie plus souple, plus flexible, plus réactive, plus compétitive. Oui, je  suis favorable au plafonnement les indemnités de licenciement. C’est une bonne disposition qui a fait ses preuves dans d’autres pays" .

"Il y a un désespoir dans nos campagnes "

Luc Chatel, député Les Républicains de la Haute-Marne, a visité mercredi le Salon de l’Agriculture. "Je pense que Nicolas Sarkozy a raison de considérer qu’il y a une urgence par rapport au monde rural dans son ensemble, qu’on a sous-estimé par le passé" . Pour Luc Chatel, "il y a aujourd'hui un désespoir terrible dans les campagnes, qui touche tous ceux qui habitent dans les campagnes ". "Il y a une crise agricole. Il faut être courageux. Il faut proposer aux paysans des réformes structurelles. Il faut qu’ils soient compétitifs aussi bien les marchés où il y a beaucoup de concurrents que sur ceux de la création de valeurs dans les AOP (Appellations d’origine contrôlée) où vous pouvez vendre vos produits plus chers ", a ajouté le président du Conseil national du parti Les Républicains.

Quant à la suppression des quotas laitiers en 2010 qui n’a pas rendu compétitive la production laitière en France par rapport aux autres pays, Luc Chatel a affirmé que le gouvernement de l’époque avait "accompagné cette suppression décidée par l’Union européenne puisque nous avions créé une TVA compétitivité qui permettait la baisse des charges des entreprises et en particulier celles des exploitations agricoles. François Hollande l’a supprimée. Il a supprimé également des aides à l’installation des jeunes agriculteurs, il a fait la même chose avec les aides à la modernisation des exploitations agricoles ".

Pour Luc Chatel, "l’agriculture est le parent pauvre de la politique du gouvernement depuis quatre ans. Et maintenant, on découvre qu’il y a une crise agricole : quel gâchis, quel temps perdu ! ". "On joue avec des gens, des femmes et des hommes, qui travaillent durent et qui croient en ce qu’ils font ".

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