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Menace de démission de Valls : des "bruits de chiotte" selon Najat Vallaud-Belkacem

La ministre de l'Education nationale a estimé mardi sur France Info que "les Français ont besoin d'avoir en face d'eux un gouvernement solidaire, qui agit" évoquant la loi Travail. Elle a dit "croire tout à fait à notre capacité à trouver" un accord. Najat Vallaud-Belkacem a aussi expliqué qu'elle "n'a pas apprécié la tribune" de Martine Aubry.

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"Des bruits de chiotte ", c'est le terme employé par Najat Vallaud-Belkacem sur France Info mardi matin au sujet des informations de presse sur une menace de Manuel Valls, lors d'un "dîner secret" entre ministres, d'abandonner Matignon si la nouvelle mouture de loi Travail ne va pas dans son sens.

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a reconnu implicitement avoir participé à ce dîner où se sont retrouvés discrètement plusieurs ministres pour discuter de la loi El Khomri. "Qu'il y ait des rendez-vous entre ministres pour discuter de la politique gouvernementale, ça devrait rassurer tout le monde. Pour le reste, ça fait 20 ans que je fais de la politique, je ne me suis jamais prêtée aux bruits de chiotte qui consistent à raconter des choses qui n'ont pas à être racontées. " Elle a invité également "ceux qui s'expriment sous le sceau de l'anonymat à raconter leurs âneries plus avant ".

Najat Vallaud-Belkacem a considéré qu'elle ne voulait pas "participer à ce petit jeu qui ne grandit pas la politique ". La ministre de l'Education a conclu cette polémique en estimant qu'il y avait "des mobilisations, des jeunes qui s'inquiètent pour leur avenir, une loi Travail préparée par une ministre qui la porte avec beaucoup de pugnacité, des partenaires sociaux reçus en ce moment. Les Français ont besoin d'avoir en face d'eux un gouvernement solidaire, solide, et n'ont pas besoin de ce genre de récits, ce n'est pas ça la politique. "

"Il est normal que les jeunes aspirent à faire partie du débat"

Najat Vallaud-Belkacem s'est aussi félicitée de la poursuite des négociations entre le gouvernement et les organisations syndicales sur la loi El Khomri : "Les discussions ont repris avec les partenaires sociaux, je crois en notre capacité à arriver à un texte ambitieux qui concilie souplesse pour les employeurs et nécessité de sécurité et de protection pour les employés ".

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a considéré que la volonté des jeunes de manifester ce mercredi contre le projet de réforme du Code du travail était "légitime". Najat Vallaud-Belkacem a expliqué qu'il n'y avait pas de "sujets pour les jeunes" d'une part et de sujets "pour les grandes personnes " d'autre part. Elle a estimé qu'il était "normal" que les jeunes "aspirent à faire partie du débat, à trouver leur place dans cette société. Et, oui, on peut entendre ces arguments, y compris pour améliorer le projet de loi qui doit être fait aussi pour les jeunes entrant sur le marché du travail."  

Les organisations de jeunesse appellent à manifester mercredi contre la réforme du Code du travail, dont le premier syndicat étudiant l'UNEF. Les syndicats lycéens FIDL, UNL et SFL ont également lancé un appel à la mobilisation.

Aubry/Loi Travail : "Je n'ai pas apprécié sa tribune, ni le procédé "

Najat Vallaud-Belkacem a réagi à la tribune de Martine Aubry qui a qualifié la loi Travail de texte "extrêmement dangereux" . "Je n'ai pas apprécié sa tribune, ni le procédé" , a expliqué la ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle a mis en garde Martine Aubry et les frondeurs en général : "Nous sommes dans une période toute particulière où nos concitoyens sont traversés par la tentation du pire, et le pire ce n'est pas que l'extrême droite, c'est aussi une certaine droite qui va prendre son inspiration chez Donald Trump."

Najat Vallaud-Belkacem a aussi appelé la gauche à l'unité et au travail : "A un moment donné, il faudrait que la gauche se retrousse les manches et retrouve ce qui fait sa solidité, sa solidarité, c'est-à-dire des valeurs partagées qui sont, à mon sens, bien plus importantes que des différences d'appréciation de telle ou telle mesure. Nous devons être à la hauteur de l'enjeu. Je souhaite qu'on soit tous responsables."  

Légion d'honneur au prince héritier saoudien : "Une tradition diplomatique "

Najat Vallaud-Belkacem a expliqué avoir appris "sur les réseaux sociaux " la remise de la Légion d'honneur au prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef. La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a renvoyé dans un premier temps "à la réponse de Jean-Marc Ayrault" .  Utilisant les mots du ministre français des Affaires étrangères, Najat Vallaud-Belkacem a expliqué que " ça ne signifie nullement qu'on cautionne la politique conduite par ce gouvernement [d'Arabie saoudite] et particulièrement la persistance de la peine de mort, simplement il y a une tradition diplomatique."

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