L'interview politique, France info

Déchéance de nationalité : "Nous devons voir si nous pouvons converger ou non" (Gérard Larcher)

Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, a estimé mercredi sur France Info que le texte remanié sur la révision constitutionnelle, prévoyant la déchéance de nationalité pour les seuls binationaux, voté par le Sénat mardi "est le plus proche" de ce qu'avait annoncé François Hollande au Congrès à Versailles le 16 novembre et "qui avait provoqué ce sursaut d'unité".

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Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, a estimé mercredi sur France Info que le texte sur la révision constitutionnelle voté par le Sénat mardi, prévoyant la déchéance de nationalité pour les seuls binationaux, "est le plus proche de l'annonce [de François Hollande-NDRL] qui avait provoqué ce sursaut d'unité au Congrès à Versailles le 16 novembre " après les attentats à Paris et Saint-Denis.  "Je verrai avec le président de la République quelle suite peut être donnée dans le fonctionnement normal de nos institution s", a-t-il ajouté alors qu'il rencontre ce mercredi en fin de journée François Hollande.

Selon Gérard Larcher, les discussions doivent se poursuivent "entre l'Assemblée nationale et le Sénat, entre les parlementaires. Nous devons voir si nous pouvons converger ou non ." Mais pour le sénateur, "l'essentiel ce sont les mesure que nous allons prendre au plan législatif et le gouvernement au plan exécutif pour renforcer la lutte contre le terrorisme djihadiste ."

Attentats de Bruxelles : "Ma solidarité avec le peuple belge est totale "

Gérard Larcher a fait part de sa "solidarité avec le peuple belge " après les attentats qui ont frappé Bruxelles mardi. "Ma solidarité avec le peuple belge est totale et sans réserve parce qu'aujourd'hui la Belgique partage avec nous cette douleur, cette volonté de lutter contre la barbarie et d'avoir un ensemble de mesures de sécurité et en même temps préserver ce qui fait la valeur de nos sociétés démocratiques ", a-t-il réagi. "Aujourd'hui, c'est le cœur de l'Europe, avec la Belgique, qui est frappé. Cela doit nous rendre plus unis et solidaires ", a ajouté le président du Sénat. 

Gérard Larcher est aussi revenu sur la polémique autour des déclarations du ministre des Finances Michel Sapin, qui a pointé mardi "la naïveté " des autorités belges dans sa gestion de la menace terroriste sur son territoire. "Il y a des problèmes sans doute dans ce quartier de Molenbeek, il y a un certain nombre de problèmes dans des villes et des quartiers de notre pays, et d'autres pays européens ", a estimé le sénateur.  "Lutter contre la radicalité, c'est une priorité et c'est pour moi un sujet sur lequel nous devons encore plus nous mobiliser. Je pense à la radicalisation en prison qui est un sujet majeur aujourd'hui ", a insisté Gérard Larcher.

PNR : "J'avoue ne pas comprendre un certain nombre de collègues du Parlement" européen

Gérard Larcher a affirmé mercredi "ne pas comprendre " les parlementaires européens qui refusent d'adopter rapidement le registre européen des passagers aériens (PNR). "J'avoue ne pas comprendre un certain nombre de collègues du Parlement [européen-NDRL] qu'ils soient socialistes ou libéraux. (…) Je ne comprends pas qu'ils n'engagent pas le plus rapidement possible ce débat que nous attendons depuis des années. On est quand même dans le paradoxe. On donne des informations passagers aux Etats-Unis et nous nous refusons à l'intérieur de l'espace Schengen de donner ces informations ", a-t-il expliqué.

Gérard Larcher a jugé la proposition de l'eurodéputé Alain Lamassoure de créer un FBI européen "très intéressante ". "Il prend le parallélisme de la réalité fédérale américaine. Et c'est un gaulliste qui vous le dit, il faudra bien qu'en matière de sécurité et de prévention du terrorisme, comme de la grande criminalité, nous décidions peut être de certaines délégations de souveraineté ", a t-il ajouté. Pour le président du Sénat, "il y a une nécessité de vitaliser, de renforcer Schengen parce que je ne crois pas en nos frontières nationales, je crois que c'est aux frontières extérieures de l'Europe que nous devons agir ".

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