L'interview éco, France info

Michel-Édouard Leclerc : "Je peux tout mettre sur la table, dans la transparence"

Michel-Édouard Leclerc était l'invité de l'interview éco vendredi, à quelques semaines des États généraux de l'alimentation, promis par Emmanuel Macron : "C'est l'occasion de tirer le modèle nutritionnel français vers le haut."

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franceinfoJean LeymarieRadio France

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Michel-Édouard Leclerc est le PDG des magasins E.Leclerc.
Michel-Édouard Leclerc est le PDG des magasins E.Leclerc. (RADIO FRANCE)

Les États généraux de l'alimentation vont avoir lieu au mois de juillet 2017, à l'initiative d'Emmanuel Macron, qui avait promis un tel rendez-vous pendant la campagne. Parmi les différents acteurs du secteur invités, Michel-Édouard Leclerc participera à l'événement. Le patron de l'enseigne de grande distribution était l'invité de l'interview éco de franceinfo vendredi 7 juillet. "C'est à l'État de prendre ses responsabilités", a-t-il lancé.

Franceinfo : Êtes-vous prêts à tout changer ?

Michel-Édouard Leclerc : Je peux tout mettre sur la table dans la transparence. Mais surtout dans la volonté de sortir de ces querelles très corporatistes qui n'existent pas dans les autres pays comme l'Espagne, pourtant à forte tradition agricole. Tous les étés, il y a une raison de protester contre le mode de fixation des prix du lait, de la viande. Pour ça, les États généraux de l'alimentation peuvent constituer une formidable opportunité de remettre un peu chacun en responsabilité. Au producteur de dire quel système de production il veut développer. Aux industriels de mettre en scène une autre manière l'offre agricole nationale transformée. Et au distributeur de mieux la valoriser.

Franceinfo : Quelles propositions allez-vous avancer lors de ces États généraux de l'alimentation ?

Les centres E. Leclerc répondront très positivement à toutes les tables rondes, même si pour l'instant c'est un peu flou. Je pense que l'occasion nous est donnée par le gouvernement de tirer le modèle nutritionnel français vers le haut. On aime tous les traditions, mais c'est beaucoup de sel, de sucre. C'est le moment de mettre le curseur qualitatif à la hausse. Ce sera l'occasion de mieux rémunérer le producteur. C'est en ça que les États de l'alimentation peuvent être une grande cause nationale.

À quoi êtes-vous prêts sur les rémunérations des producteurs ?

Nous achetons à des transformateurs. Et voyant la détresse de certains producteurs, on n'attend pas les tables rondes, on dit ce qu'on est prêts à payer. Par contre on exige des transformateurs qu'ils répercutent aux producteurs ce supplément d'argent. On leur demande un engagement, mais pour le moment nous n'avons pas de réponse.

Êtes-vous favorable à un système de prix garanti ?

Seul l'État peut cautionner un système collectif comme ça, sinon c'est une entente, et c'est prohibé par la loi. C'est au consommateur aussi de s'exprimer. C'est à l'État de prendre ses responsabilités. Par contre, sur le moyen terme et le long terme, plutôt que de régler le problème comme ça, en gestion de crise, il vaut mieux aider les entreprises, les groupements de producteurs, qui ont tous fait des efforts et qui entraine le système vers un mieux disant qualité. Il faut les aider à considérer que ça peut constituer une rémunération supplémentaire.

Cette guerre des prix que vous avez menée est-elle finie ?

La moyenne des prix français était plus élevée que la moyenne des prix européens. Dans les filières, des personnes s'en mettaient plein les poches. Aujourd'hui on est à la fin d'un cycle qui a remis le prix français dans la moyenne des prix européens. La concurrence va continuer mais l'effet de mise à niveau des prix français est fini. Le prix français était 7% plus cher que la moyenne européenne il y a 5 ou 6 ans. Aujourd'hui nous sommes dans la moyenne européenne. Moi je vois que les Français ont envie d'avoir des produits de meilleure qualité, mais ils n'ont pas envie de se les payer à des prix inabordables.

Michel-Édouard Leclerc est le PDG des magasins E.Leclerc.
Michel-Édouard Leclerc est le PDG des magasins E.Leclerc. (RADIO FRANCE)