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L'interview éco. "Il y a une stagnation des écarts de salaires entre femmes et hommes"

Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, était l'invitée de l'interview éco mardi. Elle est revenu sur les écarts de salaire entre les femmes et les hommes.

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franceinfoJean LeymarieRadio France

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Brigitte Grésy est la Secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Brigitte Grésy est la Secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. (RADIO FRANCE / CAPTURE D'ÉCRAN)

La journée internationale des droits des femmes a lieu mercredi 8 mars. À cette occasion, des salariées vont s’arrêter de travailler à 15h40 pour réclamer l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Pour Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, "c'est une façon de mettre le projecteur sur la question des écarts des rémunérations."

franceinfo : Quel est aujourd’hui l’écart de salaire entre les femmes et les hommes ?

L'écart en rémunération moyenne annuelle est entre 26% et 27%. Il peut être ramené à moins de 20% si on enlève le temps partiel qui est un des éléments très fort de différence. Les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes emplois, ni les mêmes métiers, et ils n'évoluent pas dans les mêmes secteurs. On peut ajouter à cela les effets de capital humain. Pour les diplômes, la situation s’est arrangée : les femmes sont aujourd’hui autant diplômées que les hommes. En revanche, en matière d’expérience, les carrières des femmes ne sont pas linéaires. En cas de grossesse elles doivent s’arrêter pendant une période. Cette interruption de temps de travail réduit également le salaire de femmes.

Dans quelles circonstances les inégalités salariales sont-elles plus marquées ?

Les inégalités salariales sont très différentes en fonction d’un certain nombre de variables. Tout se joue sur les primes, les promotions, la valorisation du travail. Plus on monte dans la hiérarchie de l’entreprise, plus les inégalités sont fortes. Pour les postes à responsabilités, les inégalités sont plus marquées, il faut compter entre 22% à 25% d’écart. Les femmes les plus diplômées, les plus âgées connaissent les écarts de rémunérations les plus forts parce qu’elles sont en quelques sortes en fin de carrière.

Est-ce qu’on note une amélioration ?

Au fil des années, l’écart diminue, mais de très peu. Il s’est réduit de 2 points en quelques années. Il y a plus de mixité, plus de femmes qui occupent des postes à responsabilités. Depuis 1983, plus de 6 lois ont été votées pour lutter contre l’écart de salaire entre les femmes et les hommes. Du côté de la loi, nous avons ce qu'il faut, nous pouvons toujours réajuster, mais la loi peut paraître compliquée et mal expliquée. Il faut également travailler sur l’accompagnement aux sociétés. 83% des grandes entreprises ont signé un accord sur l’écart des salaires. Il faut maintenant les aider, travailler avec elles sur la notion d’objectif de progression, d’indicateur, que les entreprises doivent s’approprier.

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Brigitte Grésy est la Secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Brigitte Grésy est la Secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. (RADIO FRANCE / CAPTURE D'ÉCRAN)