L'interview éco, France info

Hugues Decosse (Deliveroo) : "On commence à être rentable"

Hugues Decosse, directeur général de Deliveroo France, était l'invité de Jean Leymarie, mercredi sur franceinfo, pour annoncer de nouveaux développements du service de livraison de plats cuisinés qui fête ses deux ans en France.

00:00-00:00

audio
vidéo
logo
franceinfoJean LeymarieRadio France

Mis à jour le
publié le

Hugues Decosse, directeur général de Deliveroo France, le 19 avril 2017 sur franceinfo.
Hugues Decosse, directeur général de Deliveroo France, le 19 avril 2017 sur franceinfo. (RADIO FRANCE / CAPTURE D'ÉCRAN)

La livraison de repas à domicile à vélo est une activité en plein essor en France. Sur ce marché très concurrentiel, on retrouve Deliveroo France qui fête ses deux ans. Invité de Jean Leymarie sur franceinfo, mercredi 19 avril, Hugues Decosse, directeur général de Deliveroo France, a indiqué que le service "commence à être rentable" avec des livreurs qui travaillent "18 à 22 heures" par semaine, payés à la livraison. Deliveroo France va aussi ouvrir prochainement ses propres cuisines dans des secteurs peu fournis en restaurant.

franceinfo : Deliveroo France est-il rentable après deux ans d'exercice ?

Hugues Decosse : On commence à être rentable sur certains marchés clés. À Paris, c'est en cours. C'est un marché très concurrentiel donc on donne peu de chiffes. En revanche, on a fait notre plus grosse levée de fonds en août dernier. Elle a atteint 275 millions de dollars. Des nouveaux investisseurs, plus traditionnels, sont entrés au capital. C'était un peu une validation de la rentabilité en cours.

Combien de repas avez-vous délivrés depuis deux ans ?

Des millions. Sur les 12 derniers mois, on a multiplié par sept le nombre de commandes sur le pays. On est passés à 17 villes servies en France sur un an.

Pourquoi envisager d'ouvrir vos propres cuisines alors que vous travaillez avec 3 000 restaurants ?

Il y a énormément de zones en périphérie des villes où les clients voudraient commander, mais il y a peu de restaurants disponibles. L'idée est d'implanter des cuisines spécialisées où les restaurants partenaires pourront produire exclusivement pour la livraison. C'est donné la possibilité aux restaurateurs d'avoir accès à des consommateurs supplémentaires. On a noté une croissance du chiffre d'affaires des restaurants avec lesquels on travaille entre 10 à 15% [d'après une étude Harris Interactive].

Certains des 7 500 livreurs qui travaillent pour Deliveroo France ont manifesté pour être mieux payés. Allez-vous les augmenter ?

On a réalisé un sondage auprès des livreurs pour avoir des retours. Ils sont satisfaits à plus de 80%. Notre activité a trouvé un écho auprès de personnes qui cherchent une activité flexible et rémunératrice. La moitié des livreurs sont étudiants. 30% ont soit un projet entrepreneurial à côté, soit sont salariés à côté. Ils sont payés à la livraison. On paye cinq euros la livraison en région et 5,75 euros à Paris.

Envisagez-vous d'embaucher en CDI à temps partiel ?

En moyenne, on est entre 18 et 22 heures effectuées par un livreur. Un CDD ou un CDI, c'est un minimum de 24 heures par semaine. Surtout, il n'y a pas la flexibilité de se connecter quand on veut, de choisir de travailler ou pas d'une semaine à l'autre.

Hugues Decosse, directeur général de Deliveroo France, le 19 avril 2017 sur franceinfo.
Hugues Decosse, directeur général de Deliveroo France, le 19 avril 2017 sur franceinfo. (RADIO FRANCE / CAPTURE D'ÉCRAN)