L'interview éco, France info

Christophe Sapet (Navya) : "Un jour, notre navette sans chauffeur prendra l’autoroute"

Le PDG de Navya, Christophe Sapet, était l'invité de Jean Leymarie, mercredi soir, pour évoquer les navettes autonomes, produites par l'entreprise rhodanienne, testées actuellement dans le quartier d'affaires de La Défense.

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Christophe Sapet, pdg de Navya, le 12 juillet 2017.
Christophe Sapet, pdg de Navya, le 12 juillet 2017. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

L’entreprise Navya, basée dans le Rhône, teste actuellement ses navettes autonomes dans le quartier d’affaires de La Défense, à Paris. Ces petits bus sans chauffeur, à propulsion 100% électrique, peuvent emporter chacun une quinzaine de passagers, à une vitesse moyenne de 7 km/h. Navya fabrique ses navettes "100% en France", a assuré Christophe Sapet, PDG de Navya, invité de L'interview éco de franceinfo, mercredi 12 juillet. "C'est enthousiasmant de démontrer que les technologies françaises peuvent être des réussites", s'est réjoui le chef d'entreprise.

franceinfo : La navette est-elle vraiment autonome ?

Christophe Sapet : C'est un véhicule qui se déplace tout seul, sans volant ni pédale. C'est un univers surprenant pour les personnes que nous transportons. C'est le challenge. Ils sont plus propres, électriques, et ne font pas de bruit. Ils s'inscrivent dans l'invention de nouveaux systèmes de mobilité pour les citoyens du futur. Le test à la Défense se fait sur un trajet de 500 mètres. Le week-end, on transporte les passagers sur un kilomètre sur toute l'esplanade de la Défense.

Ce transport est-il dangereux ?

Notre travail est de rendre ces véhicules les plus sûrs possibles. 90% des accidents de la route sont dus à des phénomènes humains. Le recours à des technologies de transports autonomes doit rendre les transports plus sûrs. Notre travail est d'inventer ce véhicule du futur, de prouver qu'il peut fonctionner et circuler dans des conditions de sécurité maximale. Notre véhicule s'insère dans un flot de piétons extrêmement dense. Cela diminue la vitesse de transport. Mais on amène d'autres avantages.

Est-ce que cette navette pourra prendre l'autoroute dans le futur ?

Elle pourra entrer dans la circulation avec les autres véhicules. Elle prendra l'autoroute dans quelques temps. Quand aura fini notre phase d'expérimentation, on augmentera progressivement la vitesse de déplacement de nos véhicules. Cela dépend des capteurs, de la perception du véhicule avec l'environnement.

Combien coûte une navette autonome ?

260 000 euros. C'est le même prix qu'un bus thermique classique. On considère qu'il faut deux bus Navya pour remplacer un bus thermique. On est donc sur quelque chose de deux fois plus cher. Mais, comme on supprime tous les coûts salariaux liés aux chauffeurs, on a un avantage compétitif qui est très fort. On est dans une phase où l'on créé de nouveaux services. On rend possible économiquement des choses qui ne le sont pas aujourd'hui. Notre but n'est pas de supprimer des choses qui existent, mais d'être un complément de systèmes de transports existants. On travaille sur la mobilité du premier et du dernier kilomètre.

Quel est le modèle économique de Navya ?

On fabrique 100% en France. On avait 40 salariés l'année dernière. On est 140 personnes actuellement et on sera 200 à la fin de l'année. C'est enthousiasmant de démontrer que les technologies françaises peuvent être des réussites. On a vendu une cinquantaine de véhicules. C'est un modèle économique français qui est en train de se mettre en place. Cette technologie française est de premier plan et tout le monde travaille en commun dessus. Il y a le concurrent français, les constructeurs PSA et Renault, plus les équipementiers, comme Valeo, ou Keolis l'opérateur de transport, qui est un de nos actionnaires.

Christophe Sapet, pdg de Navya, le 12 juillet 2017.
Christophe Sapet, pdg de Navya, le 12 juillet 2017. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)