L'interview éco, France info

Alexandra François-Cuxac (FPI) : "Pour l’immobilier, il faut un choc de simplification"

Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers, était l'invitée de Jean-Leymarie, jeudi soir sur franceinfo, pour annoncer des commercialisations de logements en baisse lors du deuxième trimestre.

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Le 13 septembre, le gouvernement d'Édouard Philippe présentera son projet de loi sur la réforme du logement. Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers a indiqué, jeudi 7 septembre sur franceinfo, qu'on avait en France "une économie sur-administrée qui a produit beaucoup plus de règlements qu'elle n'en a éliminés au fur et à mesure des années". Pour favoriser la construction de logements, "il faut un choc de simplification", a-t-elle défendu.

franceinfo : Le gouvernement réclame la construction de plus de logements dans les zones tendues. Que pouvez-vous faire pour répondre à cette demande ?

Alexandra François-Cuxac : C'est notre intérêt de répondre à une demande en France qui s'exprime de plus en plus fortement. Il y a de plus en plus de personnes seules et isolées, des étudiants qui ont besoin de se loger. Que ce soit en accession à la propriété ou en locatif, il y a une forte demande qui s'exprime. Les zones tendues sont essentiellement dans les métropoles, notamment en Île-de-France, où il faut construire plus mais où les blocages sont absolument terrifiants. On est rentrés dans une économie sur-administrée qui a produit beaucoup plus de règlements qu'elle n'en a éliminés au fur et à mesure des années. Il y a une forme de bureaucratisation de notre société qui fait qu'on ne peut plus déposer un permis de construire avant d'avoir fait une dizaine d'allers-retours dans les services. Cela peut prendre dix à douze mois, avant même de déposer une demande. Une instruction de permis de construire qui légalement doit durer trois mois est fréquemment portée à six, sept ou huit mois.

Voyez-vous des signes de reprise dans votre secteur ?

On assiste, depuis la crise de 2008, à une reprise progressive de l'activité commerciale. Les Français ont retrouvé le chemin de la confiance dans la pierre. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour soutenir cette demande et donc soutenir l'offre. Je pense aux dispositifs de soutien à l'investissement locatif intermédiaire. Le prêt à taux zéro pour l'accession à la propriété, ou encore des mesures issues de la loi SRU [Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain] qui soutient le logement social en France et l'accès des plus modestes au logement.

Le 13 septembre, le gouvernement devrait dévoiler son plan pour le logement. Quelles sont pour vous les urgences ?

Le plus important, c'est un choc de simplification. D'abord il faut libérer le foncier. En France, plus vous détenez votre foncier, moins vous payez d'impôts dessus. Nous proposons une mesure qui viserait à mettre en place un abattement maximum au début de la période de détention du foncier, puis cet abattement deviendrait dégressif. Cela voudrait dire, plus je cède mon terrain rapidement, moins je paierais d'impôts. C'est une mesure qui serait simple, vertueuse et qui permettrait de libérer du sol. Si on ne laisse, sur ce marché, que des contraintes administratives, techniques, règlementaires, on se retrouve avec une incapacité de produire conformément à la demande.