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Histoires d'info. Quand Thierry Mariani agaçait (déjà) le Quai d'Orsay en visitant l'Irak en 2002

C'est la troisième fois en trois ans que le député Thierry Mariani se rend en Syrie. Il devrait rencontrer Bachar-el-Assad, qui n'a pas, c'est le moins que l'on puisse dire, les bonnes grâces du Quai d'Orsay. Une visite qui déplaît mais qui en rappelle d'autres.

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franceinfoThomas SnégaroffRadio France

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Eric Diard (à gauche sur la photo), Thierry Mariani (au milieu) et Didier Julia (à droite) à leur retour d\'Irak, à l\'aéroport du Bourget, le 17 septembre 2002.
Eric Diard (à gauche sur la photo), Thierry Mariani (au milieu) et Didier Julia (à droite) à leur retour d'Irak, à l'aéroport du Bourget, le 17 septembre 2002. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

C'est la troisième fois en trois ans que le député Thierry Mariani se rend en Syrie. Ce week-end, il devrait rencontrer Bachar-el-Assad pas franchement en odeur de sainteté au ministère des Affaires étrangères. La visite déplaît mais en rappelle d'autres.

Novembre 1990, l’Irak de Saddam Hussein occupe le Koweit envahi quelques mois plus tôt. La France cherche toujours à éviter la guerre en obtenant la libération de très nombreux otages occidentaux et surtout le retrait du Koweit.

Washington très va-t-en guerre envisage une intervention militaire sous mandat de l’ONU. C’est dans ce contexte ultra-sensible que Saddam Hussein peut compter sur un soutien à l’époque plutôt inattendu. Un journaliste : "Avion spécial et tapis rouge, Jean-Marie Le Pen arrive à Bagdad avec les honneurs du gouvernement irakien et à la tête d'une délégation de huit députés des droites européennes. Tout sourire, Saddam Hussein reçoit dès son arrivée, et c'est une première pour un visiteur étranger, celui qui est sans doute son meilleur allié en France. La rencontre sera retransmise à la télévision irakienne sur fond de musique classique. De Saddam Hussein, Le Pen dit avoir été frappé par sa volonté de dialogue et de paix."

Mais le soutien public qu’ils apportent à Saddam Hussein est en revanche assez unique. Longtemps pro-américain, le FN engageait alors une rupture idéologique majeure en embrassant un discours anti-impérialiste devenu aujourd’hui dominant au sein du parti d’extrême-droite.

Ce déplacement est évidemment très critiqué par la classe politique française, mais que dire de celui organisé toujours en Irak mais 12 ans plus tard par trois  députés de la majorité. Un journaliste dit à ce moment là : "Polémique en France. Le déplacement imprévu en Irak de trois députés de la majorité suscite un tollé à droite comme à gauche. Jean-Pierre Raffarin a rappelé hier que les parlementaires ne parlaient pas au nom de la France. Sur place, Thierry Mariani, député du Vaucluse, défend sa démarche : 'On n'est pas venu représenter le gouvernement français, on n'est pas venu représenter l'assemblée nationale"

Est-ce qu'on doit rester les fesses sur nos sièges au Palais Bourbon et lever le bras quand on nous le dit et se taire quand on nous le dit ?

Thierry Mariani, député Les Républicains

lors d'une visite à Saddam Hussein en Irak, en septembre 2002

Mi-septembre 2002, George W. Bush vient d’annoncer à l’ONU que la guerre avec l’Irak était "inévitable", en raison, selon Washington, de la poursuite d’un programme de production d’armes de destruction massive.

Si la France milite également pour la poursuite des inspections en Irak, la visite des trois députés, dont Thierry Mariani et Didier Julia, connu pour ses liens avec le parti Baas de Saddam Hussein, passe mal, fermement condamnée par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui s’inquiète d’une initiative de diplomatie parallèle, voire perpendiculaire.

Pourtant, quelques mois plus tard, c’est bien leur ligne qui l’emportera quand la France se lèvera pour s’opposer à la guerre américaine en Irak.

Eric Diard (à gauche sur la photo), Thierry Mariani (au milieu) et Didier Julia (à droite) à leur retour d\'Irak, à l\'aéroport du Bourget, le 17 septembre 2002.
Eric Diard (à gauche sur la photo), Thierry Mariani (au milieu) et Didier Julia (à droite) à leur retour d'Irak, à l'aéroport du Bourget, le 17 septembre 2002. (MEHDI FEDOUACH / AFP)