Histoires d'info, France info

Histoires d'info. "Pas de confusion des caisses". L'irréprochable morale du Général de Gaulle

Et si, plutôt que de citer en permanence le général de Gaulle, les politiques français s'inspiraient de sa probité morale? 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
avatar
franceinfoThomas SnégaroffRadio France

Mis à jour le
publié le

Le Général de Gaulle, président de la République, à l\'Elysée,  le 9 septembre 1968.
Le Général de Gaulle, président de la République, à l'Elysée,  le 9 septembre 1968. (MARCEL GUERARD / MAXPPP)

Il est de bon ton de se réclamer du général de Gaulle. De tenter d’en capter l’héritage en vantant son courage et sa probité. Comme dirait Françaois Fillon : "Qui imagine un seul instant le Général de Gaulle mis en examen ?"  Evidemment personne et s’il fut condamné, même à mort par contumace, c’était par le régime de Vichy.

En 1998, quelques années avant sa mort, un vieux compagnon du général de Gaulle, Michel Jobert, justifiait l’admiration qu’il lui portait : "Chez le général, ce que j'ai admiré, c'est que cet homme vivait de façon spartiate à l'Elysée et quand il ne recevait pas pour la République, tout le reste était comptabilisé à part et était payé par lui" explique Michel Jobert. "Alors, je dis ça aux Républicains, à la République, je n'en ai pas vu un autre faire ça et pour moi, c'est un sujet d'admiration." 

Une vie simple, modeste avec une séparation stricte et absolue entre les affaires de l’Etat et les affaires personnelles, entre le public et le privé. Le Général de Gaulle a toujours tenu à payer ses factures de gaz et d'électricité à l'Elysée, qu’Yvonne avait acheté au Bon Marché sa propre vaisselle pour ne pas avoir à utiliser celle de l’Elysée dans sa salle à manger particulière ou encore que lorsque les de Gaulle quittaient l’Elysée pour la Boissière à Colombey-les-deux-Eglises, le général payait l’essence. Comme le disait le général : "Pas de confusion des caisses."

Aucun passe-droit pour ses enfants

Le général refusera, par exemple, de faire de son fils un compagnon de la Libération, même s’il aurait pu y prétendre. "Je ne pouvais pas" lui dira le Général de Gaulle craignant d’être accusé de népotisme.

De manière plus anecdotique, Jacques Vendroux, directeur des sports de Radio France, me racontait que le Général, son grand-oncle, passait des coups de fils pour que ni ses enfants ni ses neveux ne disposent de passe-droit pour le service militaire, Jacques Vendroux qui devait se la couler douce à Balard en plein Paris, finira en Guyane !

Testament d'une simplicité exemplaire

Le testament du général de Gaulle est à la hauteur de la modestie du personnage ; "Je ne veux pas d'obsèques nationales, ni président, ni ministre, ni bureau d'Assemblée, ni corps constitué. Aucun discours ne devra être prononcé ni à l'église, ni ailleurs. Pas d'oraison funèbre au parlement. Aucun emplacement réservé pendant la cérémonie, sinon à ma famille, à mes compagnons membres de l'Ordre de la Libération, au conseil municipal de Colombey. Je déclare refuser d'avance toute distinction, promotion, dignité, citation, décoration, qu'elle soit française ou étrangère."

Et il y a quelques années, Jean Raulet, le maire de Colombey-les-Deux-Eglises au moment de la mort du général, se souvenait. "Il voulait être enterré comme les gens du village, c'est pour ça que j'ai proposé que ça soit les jeunes du village qui le portent, que le cercueil soit réalisé par le menuisier comme pour un simple habitant du village", raconte Jean Raulet. 

"Un simple habitant du village", mais son village c’était la France, qu’il aura servi avec une très grande rectitude morale. Pour le Général de Gaulle, légal et moral allaient toujours de pair. Mais que son comportement force aujourd’hui l’admiration, quand il devrait être la norme en dit long sur les dérives morales de notre temps… Et cela nous rappelle aussi qu’il ne suffit pas de citer le général de Gaulle pour être gaulliste.


"Pas de confusion des caisses"... par franceinfo
RADIO FRANCE/ FRANCE INFO

 

Le Général de Gaulle, président de la République, à l\'Elysée,  le 9 septembre 1968.
Le Général de Gaulle, président de la République, à l'Elysée,  le 9 septembre 1968. (MARCEL GUERARD / MAXPPP)