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Histoires d'info. Les multiples engagements de Pierre Bergé au fil des médias

Pierre Bergé est décédé vendredi 8 septembre à l’âge de 86 ans. Cet homme, aux multiples personnalités, faisait partie de la vie publique française depuis des décennies.

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(STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Pierre Bergé est décédé vendredi 8 septembre à l’âge de 86 ans. C'était un homme aux multiples personnalités. Il faisait partie de la vie publique française depuis des décennies, souvent invité dans les médias pour s'exprimer.

En 2008, alors que son compagnon Yves Saint Laurent vient de mourir, Pierre Bergé se confie à la télévision. Il est à Marrakech, là où le couple aimait se retrouver. Il raconte qu’il savait depuis un an que son ami, souffrant d'un cancer du cerveau, était condamné. Il se faisait à l’idée, disait-il, qu’il allait partir et que lui, finirait seul. Il y a d’ailleurs un avant et un après Yves Saint Laurent. Pierre Bergé aura survécu près de dix ans à son grand amour…

La défense d'un talent de la couture

Les deux hommes se sont rencontrés en 1958, au moment où Saint Laurent présente sa première collection pour Dior, ce qui lui fera dire qu’il n’est pour rien dans le talent du créateur. Bergé est celui qui gère tout, les finances mais aussi l’ordonnancement des défilés. Lorsque Saint Laurent quitte Dior, ils créent leur propre Maison, en 1962. Cela se passe mal d’ailleurs, Dior porte plainte car Saint Laurent serait parti avec des talents. Pierre Bergé viendra le défendre Yves Saint Laurent à la radio, en 1962 : "Toute cette affaire me semble tenir du roman, du roman policier. À mon sens, c’est tout simplement que la société Christian Dior se remet très mal du succès actuel de la collection de monsieur Saint Laurent. Je trouve qu'en matière de couture, la meilleure arme que l'on puisse avoir, c’est simplement le talent, pas du tout les armes juridiques", déclarait-t-il. 

Le couple qu’il forme avec Saint Laurent est passionnel et même fusionnel, au point que Bergé peut même parler à la place de Saint Laurent, comme en 1986 sur le plateau de Bernard Pivot dans Apostrophes. On notera, au passage, la pudeur de Pivot évoquant une longue amitié, là où il y a évidemment l’amour.

L'engagement politique 

C’est à peu près à ce moment- là que Pierre Bergé commence vraiment à exister par lui-même, au moins aux yeux du grand public. Politiquement, il s’engage fortement derrière François Mitterrand pour sa réélection de 1988 au point de choquer en écrivant une lettre aux clients d’Yves Saint Laurent leur demandant de voter pour le candidat socialiste. Pierre Bergé a même lancé le magazine Globe pour soutenir François Mitterrand.

La presse pour diffuser ses idées et ses engagements, voilà une pratique qu’il poursuivra jusqu’à la fin de sa vie, en lançant Têtu, un magazine pour la communauté homosexuelle, quitte à choquer les journalistes du Monde : on se souvient qu’il avait hurlé quand il y avait lu un article qu’il considérait trop dur pour François Mitterrand.

Il met son argent au service de ces passions et ces engagements. Beaucoup d'argent, notamment après la vente de la collection d’arts accumulés par le couple, après la mort de Saint Laurent, 375 millions d’euros. La passion, c’est le mécénat, la rénovation de la Maison Zola à Médan, dans les Yvelines, à laquelle il accole un musée Alfred Dreyfus, dont l'ouverture est prévue en 2018. "Il faut aimer pour mécéner", disait Pierre Bergé.

La cause du Sidaction 

Pierre Bergé s'engagera dans la lutte contre le sida qu’il finance largement avec le Sidaction en 1994. Il dira sur le plateau de l'émission qu’il souhaite que l'opération fasse évoluer les mentalités pour qu’on comprenne que le sida n’est pas réservé aux populations à risques, car il n’y a pas de population à risques. "Le sida ne s’attrape pas, il se transmet", expliquait-t-il.

La défense du mariage pour tous

Pierre Bergé s’engagera également pour le mariage homosexuel et en faveur de la GPA quitte à choquer notamment ici avec Ruth Elkrieff sur BFM TV en 2013.



La défense de la liberté, de toutes les libertés, quitte à choquer donc, mais comme il l’expliquera à Léa Salamé, il y a quelques mois sur France 2, il se moque de choquer.

Pierre Bergé avait parlé de l'après, il y a longtemps. En 2008, il avait souhaité qu’après sa mort, ses cendres soient dispersées à côté de celles d’Yves Saint-Laurent, à Marrakech.

(STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)