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Histoires d'info. Le 9 mai, journée de l'Europe, on célèbre la déclaration Schuman de 1950

Le 9 mai est la Journée de l'Europe. Retour sur son origine et sur la signification qu'elle revêt dans le contexte actuel.

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franceinfoThomas SnégaroffRadio France

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Le 9 mai, journée de l'Europe, nous ramène 67 ans en arrière. C'est une référence assumée à une déclaration du 9 mai 1950, prononcée par Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement Georges Bidault. 

9 mai 1950 : point de départ de l'Europe

"L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée. Dans ce but, le gouvernement français propose immédiatement l'action sur un point limité mais décisif. Le gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une Haute autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe."

Ce discours, rédigé par Jean Monnet, a été prononcé par Robert Schuman dans le salon de l'Horloge du Quai d'Orsay. C'est le véritable point de départ de la construction européenne. Il contient des éléments essentiels : le couple franco-allemand est une nécessaire condition à l'unification européenne (nous sommes seulement cinq ans après la fin de la guerre !) et la progression se fera par petits pas. Des réalisations concrètes qui, mises bout à bout, feront une Europe unie. Ici, cela passe par la mise en commun de la production de charbon et d'acier qui aboutit à la fondation de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), entrée en vigueur en 1952. "Je me fous du charbon et de l'acier, c'est l'Europe que je veux faire", dira plus tard Jean Monnet. Cependant, il faudra attendre bien longtemps pour que le 9 mai devienne la Journée de l'Europe. 

1985 : création des symboles européens

En janvier 1985, on entend cette annonce sur France Inter : "C'est aujourd'hui que Jacques Delors entre officiellement en fonction en tant que président de la Commission européenne à Bruxelles. Présider cette Commission, c'est être en quelque sorte le chef du gouvernement européen, c'est donc une fonction très importante qui est autant politique que technique. La Commission est, en théorie, le véritable moteur de la Communauté européenne mais ce moteur est aujourd'hui grippé."

Jacques Delors est bien décidé à relancer la construction européenne, notamment par un effacement effectif des barrières qui divisent l’Europe. Une logique qui conduira aux accords de Schengen et au Marché unique. Mais il est pleinement conscient qu’une approche purement économique ne suffira pas, il faut également créer un sentiment d'appartenance à l'Europe. Et cela passe par des symboles forts, ceux habituellement réservés aux États nations. En quelques mois, la Communauté économique européenne (CEE) se dote d’un drapeau, d’un hymne – que l'on a entendu au soir du second tour de la présidentielle avec Emmanuel Macron – et d’une fête, une journée de l’Europe, le 9 mai.

Années 2000 : la crise d'identité

L’effacement des frontières a été effectué avec succès, contrairement à la construction d’une identité européenne. Un constat au cœur de la crise européenne actuelle. Au début des années 1990, Jacques Delors disait : "Si, dans les 10 ans, nous n'avons pas réussi à donner une âme, une spiritualité, une signification à l'Europe, nous aurons perdu la partie." Un quart de siècle plus tard, ce défi reste encore d’actualité.

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