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Histoires d'Info. En 1985, Chevènement fixe l'objectif de mener 80% d'une classe d'âge au niveau du bac

Mercredi tombent les résultats du baccalauréat. S'il y a beaucoup de reçus, cela n'a pas toujours été le cas. Retour sur l'ambitieux objectif fixé en 1985 par le ministre de l'Education nationale, Jean-Pierre Chevènement.

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franceinfoThomas SnégaroffRadio France

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Jean-Pierre Chevènement, ministre de l\'Education nationale, le 23 décembre 1985, au palais de l\'Elysée à Paris.
Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Education nationale, le 23 décembre 1985, au palais de l'Elysée à Paris. (JOEL ROBINE / AFP)

Mercredi 5 juillet tombent les résultats du baccalauréat, qu'il soit général, technologique ou professionnel, et il y abeaucoup, beaucoup de reçus. Ce qui n'est pas sans nous rappeler quelque chose.

L'an dernier, le taux de réussite au bac à atteint un record avec 88% de reçus et même 91% pour le bac général. Il y a vingt ans, en 1995, ils n'étaient que 75% et dix ans plus tôt, en 1985, ce taux n'était que de 67%. A l'époque, seulement 30% d'une classe d'âge obtenait le bac, ce qui lui conférait les allures d'un diplôme réservé à une certaine élite, voire "aux fils de bourgeois". D'où la volonté de tout changer en 1985. En septembre, au moment de la rentrée des classes, le ministre de l'Education nationale, Jean-Pierre Chevènement fixe un objectif très ambitieux : "Je pense qu'il n'y a pas de meilleure réponse que le gigantesque effort de formation que nous avons entrepris à tous les niveaux et, j'insiste, de manière cohérente. Vous pouvez regarder toutes les mesures qui sont prises, elles participent toutes d'un même objectif : porter à 80% la proportion d'une classe d'âge qui peut aller au niveau du baccalauréat, contre à peine 41% aujourd'hui." 

L'objectif des 80% a été atteint en 2012

Dans les propos du ministre, il y a une petite subtilité : il parle de 80% d'une classe d'âge au niveau du bac, non pas de 80% de bacheliers. Encore aujourd'hui, cette différence est souvent oubliée lorsqu'on y fait référence. Pourtant, cela en change tout le sens. Cela reste très ambitieux et c'est un objectif qui répond à des impératifs économiques et sociaux. Economiques, d'abord, parce qu'à l'époque, le Premier ministre Laurent Fabius considère que l'une des causes du chômage et du retard technologique de la France est la trop faible proportion d'élèves qui accèdent à l'enseignement supérieur. Les Etats-Unis ou le Japon, qui avaient déjà atteint les 70 à 80%, sont souvent pris en exemple à l'époque. Sociaux, ensuite, car il y a clairement le désir de conduire les enfants des classes populaires jusqu'au bac. Au côté du bac technologique créé en 1968, on lance le bac professionnel en 1985.

Cet objectif de 80% d'une classe d'âge au niveau du bac devait être atteint en 2000 mais ce n'est qu'en 2012 que cela a effectivement été le cas. Plus frappant, il n'est pas impossible que cette année, 80% d'une classe d'âge soit bachelière et non plus simplement au niveau du bac. Il reste cependant de nombreux défis. Economiques, car cet objectif est loin d'avoir permis à la France de vaincre le chômage. Sociaux, car les différences restent prononcées entre les différents types de baccalauréats : seulement 40% d'une classe d'âge obtient un bac général et, pour s'en tenir à la classe de terminale, on ne trouvait l'an dernier que 32% d'enfants d'employés ou d'ouvriers en section scientifique, contre 69% en terminale professionnelle.

Jean-Pierre Chevènement, ministre de l\'Education nationale, le 23 décembre 1985, au palais de l\'Elysée à Paris.
Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Education nationale, le 23 décembre 1985, au palais de l'Elysée à Paris. (JOEL ROBINE / AFP)