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En 1947, un vibrant plaidoyer pour l'école laïque

Enseignement religieux dans les écoles, subvention des établissements confessionnels... Le régime de Vichy a malmené l’École de la République. Et c'est à ce défi de la laïcité à l'école que se trouvent confrontés les gouvernements de l'après-guerre. Preuve si besoin est de l'attachement de la République à la laïcité, une laïcité jamais dirigée contre une religion en particulier.

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(Drapeaux français sur le mur d'une école © Fotolia)

A l'été 1947 s'ouvre ce que l'on appelle la Quinzaine de la laïcité à l'école , avec des fêtes, des cérémonies... À cette occasion, le ministre de l’Instruction publique, Marcel-Edmond Naegelen prononce un vibrant hommage à la laïcité française :

 

"L'école laïque, est par excellence un facteur de concorde nationale et le ciment de la République !"

Des mots que pourrait prononcer tout ministre actuel de l’Éducation nationale, surtout dans la période troublée que nous connaissons aujourd’hui.

Les propos de Naegelen s’inscrivent dans un contexte précis. L’École de la république a vacillé pendant la Seconde Guerre mondiale. Et en 1947, le plan Langevin-Wallon est remis au ministre, un plan réaffirmant notamment la laïcité à l’école célébrée par la quinzaine de l’école laïque.

Vichy continue de subventionner les écoles catholiques

Si théoriquement Vichy a respecté la laïcité, la réalité est bien différente. Jacques Chevalier, catholique intégriste, devient secrétaire d’État à l’instruction quelques mois en 1941. Il autorise par exemple les prêtres à dispenser leur enseignement religieux dans les écoles. Les débats sont cependant vifs à Vichy. Les laïcs obtiennent le départ de Chevalier remplacé par l’historien Jérôme Carcopino qui revient sur l’essentiel des mesures décidées par son prédécesseur. C’est le retour à "une école sans Dieu".

Cela étant, Vichy continue de subventionner les écoles catholiques, grave entorse à la laïcité à l'époque.

En 1942, lors d’une visite dans une école, le Maréchal Pétain évoque le sujet avec le directeur de l'établissement qui s'étonne que les subventions n'aient pas encore été versées.

Tout cela vole en éclat à la Libération; les députés votent la fin de toute subvention aux écoles privées confessionnelles revenant à une laïcité radicale. La loi Debré de 1959 reviendra sur cette mesure en créant l'enseignement sous contrat. L'État s'egageant à subventionner les écoles privées sous contrat, et en échange ces dernières promettant d'appliquer le même programme que le public, de faire du catéchisme une option, et d'accepter tous les enfants, quelles que soient leurs religions.

Ce détour dans la France d’il y a près de 70 ans nous rappelle avec force l’attachement de la République à l’école laïque et nous rappelle aussi, s’il fallait le faire, que la laïcité n’est pas dirigée contre une religion en particulier. 

 

(Drapeaux français sur le mur d'une école © Fotolia)