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6 juillet 1917 : Lawrence d'Arabie ou la légende du désert

L'entrée en guerre de la Turquie est une source d'inquiétude pour les Britanniques. Ils craignent pour la perle de leur empire, les Indes, ainsi que leurs voies de communications et d'approvisionnements. Mais les opérations contre les ottomans tournent au fiasco, comme Gallipoli et ses 200.000 victimes anglaises.

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Les Britanniques décident donc d'encourager les Arabes à la révolte et envoie un
officier, fin connaisseur du Proche-Orient, Thomas Edward Lawrence. Ils
promettent aux Arabes d'appuyer leur rêve de grande nation, mais
négocient en secret avec les Français le partage de la région.

Malgré son physique très britannique, Thomas Edward Lawrence n'est pas tout à fait un étranger ici. Il a sillonné la Syrie et la Palestine pendant plusieurs années avant la guerre. Arabophone, il fréquente les tribus nomades, archéologue, il effectue des fouilles à Karkemish. Cartographe, il parcourt ce désert du Sinaï qui verra une partie de ses exploits.

Quand, en octobre 1916, il rencontre Fayçal , un des trois fils du roi Hussein qui règne sur La Mecque, le courant passe rapidement. Il devient son conseiller et l'aide à mener la révolte que son père a lancée au mois de juin. A 28 ans, Lawrence parvient à construire une alliance hétéroclite de tribus bédouines et à l'organiser militairement. La souplesse, la mobilité, la connaissance du désert et l'impétueuse bravoure de ces cavaliers du désert le conduisent à une conclusion : il mènera une guérilla contre les Turcs, à l'inverse de la lourde et sanglante guerre européenne qui s'enlise. A coups de raids et d'attaques éclairs, les Arabes s'en prennent à la principale voie de communication ottomane dans la région : le chemin de fer Damas-Médine.

Bien que l'état-major britannique ne contrôle pas les actions de Lawrence, il a tout lieu de s'en féliciter . Jusqu'ici, l'empire ottoman, soi-disant en décrépitude, a repoussé tous les assauts des alliés. L'échec le plus sanglant, celui du débarquement des Dardanelles, a fait 200.000 victimes anglaises. Toutes les autres tentatives se soldent par des défaites.

Les Anglais ont vite compris l'intérêt de ces rebelles arabes , à qui ils ont promis leur soutien pour créer une grande nation indépendante. Mais Lawrence, si proche des Bédouins, sait qu'il contribue aussi à les trahir. En mai 1916 en effet, avant la révolte, une signature a scellé un autre pacte, entre Français et Britanniques cette fois. Le traité secret Sykes-Picot organise le partage de la région. Et il n'est pas question d'indépendance. Les Arabes connaissent l'existence de ce traité, sans en savoir l'importance. Mais début juillet 1917, ils espèrent frapper un grand coup, qui rééquilibrera peut-être le jeu. Sous la conduite de Lawrence, ils se dirigent vers le port stratégique d'Akaba sur la mer Rouge. Il est imprenable par la mer. Ils arrivent par le désert...

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