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Expliquez-nous... le conflit Goodyear

La CGT a lancé un appel à la grève et à manifester aujourd'hui pour dénoncer la répression syndicale. Huit ex-salariés de Goodyear à Amiens ont été condamnés à de la prison ferme pour la séquestration durant 30 heures en 2014 de deux cadres dirigeants de l'entreprise. Un épisode dans un conflit qui a duré plusieurs années chez Goodyear.

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Gilbert ChevalierRadio France

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Le conflit entre Goodyear et la CGT remonte au milieu des années 2000 quand le manufacturier américain veut réorganiser le travail dans ses usines amiénoises : Amiens-Nord et celle situé juste en face Amiens-Sud exploité elle sous la marque Dunlop.

Un 1er mouvement de grève a lieu l’été 2007 suivi par 85% des salariés des deux sites. En Mars 2008, les syndicats majoritaires de Dunlop signent en faveur du  plan de réorganisation en échange de l'engagement de la pérennisation du site pour cinq ans minimum. En Face, les Goodyear eux ne veulent pas signer. En guise de réponse la direction annonce un plan social. 

C'est le début du conflit. Il va durer jusqu’à à la fermeture de l'usine  

La direction de Goodyear ne cessera de dénoncer le jusqu'au boutisme de la CGT y compris quand le groupe annonce un projet de cession au groupe américain Titan spécialisé dans le pneu agricole. Le projet n'aboutit pas. Le PDG de Titan accuse la CGT.  Maurice Taylor, critique de "soi-disant ouvriers" qui "ne travaillent que trois heures" par jour. Finalement après des mois de procédures de discussions de conflit de grève en Janvier 2013, la direction annonce la fermeture de l'usine d'Amiens-Nord. La CGT nie toute responsabilité. Le conflit est alors à son apogée.  Le site d'Amiens est devenu emblématique de la désindustrialisation accélérée que connaît la France depuis quelques années. Et c’est en janvier 2014 que le directeur de production de l'usine et le directeur des ressources humaines sont retenus pendant près de 30 heures à l'intérieur du site. Les syndicats veulent négocier une prime de départ et occupent désormais l’usine. Finalement la CGT d'Amiens-Nord signe un accord avec la direction prévoyant des indemnités plus importantes que prévu pour les salariés. L'usine ferme avec 1.143 pertes d'emploi à la clef. Il n'y aura pas de repreneur d'Amiens-Nord, annonce la direction.

Et ils sont devenus quoi ces salariés de Goodyear ?

Sur tous les salariés plus de 750 d'entre eux n'ont toujours pas trouvé de travail. Il y a eu près de 140 départs en retraite. Les autres sont en formation, ont retrouvé un travail ou ont créé leur entreprise.

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