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En un mot. Le Sénat, cette assemblée de "djeun's"

En un mot, c’est le mot de l’actu du jour. Celui qui n’échappe à personne. En tout cas, pas à Nathalie Bourrus.

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Nathalie BourrusRadio France

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Les grands électeurs ont élus 171 sénateurs, dimanche, sur les 348 que compte la haute assemblée. 
Les grands électeurs ont élus 171 sénateurs, dimanche, sur les 348 que compte la haute assemblée.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Le mot du jour, lundi 25 septembre, est sans nul doute Sénat. Dimanche, plus de 76 000 grands électeurs se sont rendus aux urnes pour renouveler 171 sièges du palais du Luxembourg, qui en compte 348. Ces 348 personnes sont en grande majorité des hommes, qui s'accrochent le plus longtemps possible à ce pouvoir.

Sénat. Du latin "senatus", qui signifie "vieux". Le Sénat est donc une "assemblée de vieillards", pourrait-on déduire. Avant le renouvellement de dimanche, la moyenne d'âge au Sénat était de 64 ans et 46% des sénateurs avaient entre 61 et 70 ans. Un sénateur sur cinq avait même entre 71 et 80 ans contre seulement 7% de quadragénaires. Quant aux plus de 81 ans, ils représentaient 1,1% de la haute assemblée, soit au moins trois personnes. Ce n’est pas rien.

Des vieux oui, mais des vieux actifs

Le Sénat en France est donc bien une assemblée de vieux. Mais attention, pas des vieux qui ne font rien ! "Nous incarnons un contre-pouvoir face au gouvernement", assurait Gérard Larcher dans Le Figaro, lundi 25 septembre. J’ai l’impression qu’il a toujours été à ce poste, bien ancré, bien assis. Un éternel jeune en fait.

Le Sénat joue à "je t'aime, moi non plus" avec le pouvoir. Ainsi, en 2015, les sénateurs avaient approuvé un texte contre la discrimination des personnes précaires. Ça, c’est du contre-pouvoir. En revanche, sur les ordonnances de réforme du code du travail, ils étaient à fond avec le gouvernement. Là, ce serait plutôt du "Toutcontre-pouvoir". Dans l’histoire du Sénat, ça va, ça vient avec l’Élysée et le gouvernement, en fonction des alternances.

Le président du Sénat, 2e homme de l'État

L’important, c’est de s’incruster longtemps. Alain Poher est imbattable ! Plus de 20 ans à ce poste, 23 exactement, et il est le seul à avoir remplacé deux fois un président défaillant. En effet, le président du Sénat est le deuxième personnage de l'État. En 1969, il assure l'intérim après la démission du général de Gaulle et en 1974 il prend la tête de l'Etat après la mort de Pompidou, en attendant les élections présidentielles. Méfiance avec le Sénat, donc. En un mot, il ne faut pas agacer les assemblée de vieillards, dopés à fond, depuis des millénaires au contre-pouvoir.

Les grands électeurs ont élus 171 sénateurs, dimanche, sur les 348 que compte la haute assemblée. 
Les grands électeurs ont élus 171 sénateurs, dimanche, sur les 348 que compte la haute assemblée.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)