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En un mot. La sécurité, ce sentiment non garanti

En un mot, c’est le mot de l’actu du jour. Celui qui n’échappe à personne. En tout cas, pas à Nathalie Bourrus.

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Nathalie BourrusRadio France

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Le Premier ministre Edouard Philippe à l\'Assemblée nationale, le 3 octobre 2017.
Le Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, le 3 octobre 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le mot du jour, mardi 3 octobre, est sécurité. La loi antiterroriste a été votée par les députés. Sécurité exprime un sentiment d'absence de danger. Un sentiment de sérénité. Souvent, bien loin de la réalité. Un leurre.

Sécurité. Vient du latin securitas, qui signifie sentiment d’absence de soucis. Sentiment de sérénité. Que de mots apaisants dans cette définition.

La sécurité est donc un sentiment sensé nous rendre serein. Tellement loin de ce sang versé, sur les marches de la gare Saint-Charles. Sérénité à l’Assemblée nationale, mardi après-midi. Une minute de silence a été observée, juste avant le début des débats sur la nouvelle loi antiterroriste. Une Assemblée rassemblée. Silence, calme. Puis, un raclement de gorge résonne dans l’hémicycle On sent la gêne, après cet évènement, qui nous laisse sans voix : des filles de 20 ans poignardées, en pleine ville, sous les yeux de tous.

"Le chagrin ne suffit plus" 

Nos députés, dans ce silence, sont alors en symbiose avec nous, citoyens sous le choc. À la tribune, on parle de "France meurtrie". Puis, la colère monte. Zut… la sérénité s’en va déjà… pourtant on était si bien… Tentant d’imaginer toucher du doigt ce que l’on recherche en des jours semblables : être, vraiment, ensemble. Vous savez ? Ce bien vivre ensemble que l’on exige de nous tous.

À l’Assemblée, cela n’a pas duré. "Le chagrin ne suffit pas, le chagrin ne suffit plus !", lance un député. Le ministre de l’Intérieur doit répondre : pourquoi le tueur de Marseille, a-t-il été relâché à plusieurs reprises ? Edouard Philipe, à la tribune: "Le choc est immense…", dit le Premier ministre. "L’attentat aurait pu-t-avoir des conséquences…" Quelques huées retentissent… des voix, de ci de là, s’élèvent. Faute… de grammaire. Edouard Philipe se reprend : "Il aurait PU, avoir, des conséquences bien plus graves…" Il les regarde. Quelques secondes de gêne… "On peut aussi, se mettre à la hauteur de l’évènement", lance-t-il. La sérénité dans l’hémicycle, aura été de courte durée. En un mot : la sécurité est un sentiment… seulement un sentiment… ce mot ne donne pas l’assurance de trouver la sérénité : pour le moment, le contrat est rempli.

Le Premier ministre Edouard Philippe à l\'Assemblée nationale, le 3 octobre 2017.
Le Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, le 3 octobre 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)