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En direct du monde. Séoul invite la Corée du Nord à créer une équipe commune pour les JO-2018

Alors que la Corée du Nord a réussi début juillet à tirer son premier missile intercontinental, la Corée du Sud a proposé à Pyongyang de créer une équipe commune pour les Jeux olympiques d'hiver en 2018.

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franceinfoFrédéric OjardiasRadio France

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Deux supporters de la candidature de Pyeongchang lors de l\'annonce du choix de la ville olympique, le 6 juillet 2011. 
Deux supporters de la candidature de Pyeongchang lors de l'annonce du choix de la ville olympique, le 6 juillet 2011.  (JO YONG HAK / REUTERS)

Les valeurs de l'olympisme peuvent-elles amener la paix sur la péninsule coréenne ? Alors que la Corée du Nord a réussi, mardi 4 juillet, à tirer son premier missile intercontinental, le président sud-coréen a renouvelé sa proposition de mettre sur pied une équipe olympique commune.

La Corée du Sud organise en février 2018 ses premiers Jeux olympiques d’hiver, dans sa station de PyeongChang, à une centaine de kilomètres de la frontière avec la Corée du Nord. Le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in, élu en mai, veut se servir de cet évènement pour relancer le dialogue avec le régime. Il estime que ces nouveaux échanges pourront permettre d’apaiser les tensions et, à long terme, permettront de convaincre Pyongyang de renoncer à ses armes nucléaires.

Des touristes se prennent en photo devant les installations de la ville de Pyeongchang, hôte des JO d\'hiver en 2018, le 7 juillet 2011. 
Des touristes se prennent en photo devant les installations de la ville de Pyeongchang, hôte des JO d'hiver en 2018, le 7 juillet 2011.  (JO YONG HAK / REUTERS)

Plusieurs appels du pied de la Corée du Sud

Le ministre sud-coréen des Sports a d’abord suggéré que des épreuves de ski soient organisées au Nord, mais l’idée a suscité un tollé. Moon Jae-in a donc proposé de mettre sur pied une équipe olympique commune, par exemple en hockey sur glace. Le président sud-coréen a réitéré sa proposition, malgré le tir de missile nord-coréen à longue portée la semaine dernière. Moon Jae-in a parlé de "Jeux olympiques de la paix".

La Corée du Nord a répondu avec beaucoup de froideur à ces mains tendues. Le régime contrôle étroitement sa population et il se méfie des projets qui mettent en contact les Nord-Coréens avec les citoyens du Sud, riche et démocratique. "C’est trop tard", a déclaré Chang Ung, le seul Nord-Coréen membre du Comité olympique international, à la fin du mois de juin. Chang Ung a rappelé qu’en 1991, il avait fallu cinq mois et 22 sessions de négociation pour réussir à mettre sur pied une équipe de tennis de table conjointe. Chang Ung a également balayé l’idée d’organiser des épreuves olympiques au Nord.

Dans la station de ski de Masikryong (Corée du Nord), le 19 février 2017.
Dans la station de ski de Masikryong (Corée du Nord), le 19 février 2017. (ED JONES / AFP)

Des divergences de fond et des problèmes de forme

Il y a très peu de chance de voir une équipe coréenne unifiée aux Jeux de février 2018. Cela n’est encore jamais arrivé. La Corée du Sud et la Corée du Nord ont cependant déjà défilé ensemble, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux d'été de Sydney et d'Athènes, en 2000 et 2004, au moment où leurs relations étaient meilleures.

Aujourd’hui, alors que le Nord accélère de façon spectaculaire son programme nucléaire et balistique, des critiques redoutent qu’une telle diplomatie sportive ne soit un mauvais signal envoyé au régime. D'autres problèmes pratiques viennent se greffer aux critiques : quels joueurs sélectionner, qui sera l’entraîneur, quels lieux pour les entraînements ? Après sept décennies de division, même le vocabulaire sportif de part et d’autre de la frontière est devenu différent.

Deux supporters de la candidature de Pyeongchang lors de l\'annonce du choix de la ville olympique, le 6 juillet 2011. 
Deux supporters de la candidature de Pyeongchang lors de l'annonce du choix de la ville olympique, le 6 juillet 2011.  (JO YONG HAK / REUTERS)