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En direct du monde. JO de Rio : un an après, la déprime des Cariocas

Un an après l’ouverture des Jeux olympiques au Brésil, l’Etat et la ville de Rio sont en faillite et confrontés à des graves problèmes d’insécurité. Une situation en partie liée à l’organisation des JO.

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franceinfoAnne VignaRadio France

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La Carioca Arena 1, qui hébergeait les épreuves de basketball, aujourd’hui déserte et inutilisée.
La Carioca Arena 1, qui hébergeait les épreuves de basketball, aujourd’hui déserte et inutilisée. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Il y a un an, le 5 août 2016, s’ouvraient les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, les premiers en Amérique du sud. On avait beaucoup promis à la population : des installations nouvelles réutilisables, un meilleur transport et une sécurité renforcée. Pourtant, douze mois plus tard, l’Etat de Rio et sa capitale, la ville de Rio de Janeiro, sont aujourd’hui en faillite et confrontés à un grave problème d’insécurité. Une situation en partie liée à l’organisation de l'événement.  

Aucun contrôle sur les dépenses 

Non seulement les décisions ont été prises sans concertation et les critiques balayées mais, surtout, aucun contrôle n’a été opéré sur les dépenses. Aujourd’hui encore, le coût réel des Jeux n’a pas encore été déterminé : les experts évoquent une somme de quelque 14 milliards d’euros de dépenses publiques. Il ne s’agit que d’une estimation… Rio a vécu dix ans de grands évènements : les Jeux panaméricains en 2007, puis RIO +20 en 2012, les Journées mondiales de la Jeunesse l’année suivante, la Coupe du monde et enfin les JO. 

À chaque fois, la ville et l’Etat de Rio ont beaucoup dépensé, en particulier pour la sécurité, mais aussi en infrastructures que ni la Ville ni l’Etat ne sont aujourd’hui capables de faire fonctionner ou d’entretenir, faute de moyens. Depuis un an, la plupart des installations sont donc fermées, même si depuis quelques mois, le ministère des Sports tente d’y organiser des compétitions, sans pour autant vraiment remplir son calendrier. 

Pas d’entreprise pour reprendre les installations 

L’ancien maire de Rio avait juré que tout était prévu, que le privé allait gérer les équipements post Jeux, que la municipalité allait transformer certains équipements en un ensemble scolaire. Sauf que le budget n’a pas été prévu à ces fins, et que les entreprises ne se bousculent pas pour reprendre ces installations en concession. Lagardère Sports a bien tenté de reprendre la concession du stade Maracana, avant de finalement renoncer.

Qu’y voir de positif ? Rio a bien une nouvelle ligne de métro, mais qui lui a coûté très cher. La Ville a également un nouveau tram dans le centre, mais qui est essentiellement utilisé par les touristes, à cause de son prix prohibitif, tandis que les nouvelles lignes de bus rapides sont devenues un casse-tête. Ces dernières ne sont pas achevées, pour la plupart, et des tronçons manquent par manque de budget. L’idée d’organiser les Jeux dans un quartier exclusif à 20 km du centre, la barra da Tijuca a été critiquée par tous les urbanistes, à cause du surcoût qu’elle supposait. Et il semble bien que leurs critiques étaient justifiées.

La Carioca Arena 1, qui hébergeait les épreuves de basketball, aujourd’hui déserte et inutilisée.
La Carioca Arena 1, qui hébergeait les épreuves de basketball, aujourd’hui déserte et inutilisée. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)