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En direct du monde. En Corée du sud, les boulangeries à la française sont à la mode

La boulangerie et la pâtisserie à la française connaissent un succès croissant et étonnant en Corée du Sud. Au point que de grandes chaînes coréennes de boulangeries commencent même à s’attaquer aux marchés étrangers !

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franceinfoFrédéric OjardiasAlexis MorelRadio France

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Kim Woo-young,  patron de la boulangerie \"Copain\" à Séoul (Corée du sud). 
Kim Woo-young,  patron de la boulangerie "Copain" à Séoul (Corée du sud).  (Frédéric Ojardias)

A Séoul, les boulangeries ouvrent par dizaines. Elles sont souvent excellentes. Les Coréens utilisent le mot "pang" dérivé du français "pain", mais ce terme inclut aussi les pâtisseries, les viennoiseries. Le pain ne fait pas du tout partie de l’alimentation traditionnelle mais il est devenu à la mode, notamment en raison de l’occidentalisation des modes de vie, du fait que les Coréens sont très occupés et mangent de plus en plus sur le pouce. On comptait 16 500 boulangeries en 2015 et le nombre continue d’augmenter.

Les boulangers coréens adaptent leurs produits aux goûts locaux. Et cela donne parfois des résultats un peu étranges pour un Français, comme par exemple le pain à la pâte de haricot rouge, le toast grillé à l’ail et au sucre ou le croissant à la saucisse. Aujourd’hui, les jeunes Coréens font ce qu’ils appellent des "tournées de boulangeries", pang tour en coréen. Cela consiste à se rendre dans un quartier et à faire le tour des meilleures boulangeries pour en goûter les spécialités. On peut trouver des suggestions d'itinéraires, selfies à l'appui, sur les réseaux sociaux. Cela oblige les artisans à se montrer toujours plus créatifs.

"Le pain, ici, c'est comme une sorte de gâteau"

Kim Woo-young, 32 ans, est le patron de la boulangerie "Copain" à Séoul. Il a étudié en France pendant trois ans. Son produit phare, c’est un croissant au saumon sauce teriyaki : "Moi, j’aime bien la création. J’aime bien trouver de nouvelles recettes. Parce que les clients coréens aiment beaucoup la nouveauté. Le pain ici, c’est un peu différent de la France : les Coréens considèrent le pain comme une sorte de gâteau, c’est un peu chic, ce n’est pas traditionnel." 

Les grandes entreprises coréennes de boulangeries cherchent à exporter leurs produits dans le monde entier. Le meilleur exemple, c’est la chaîne Paris Baguette, en français dans le texte. Elle se trouve à chaque coin de rue en Corée, avec 3 700 points de vente. L’entreprise a aujourd’hui d’énormes ambitions internationales et elle a déjà ouvert 260 magasins en Chine, aux Etats-Unis, au Vietnam et même deux magasins à Paris ! Paris Baguette est si déterminée à exporter la boulangerie française qu’elle cherche même aujourd’hui à faire oublier sa nationalité coréenne.

Kim Woo-young,  patron de la boulangerie \"Copain\" à Séoul (Corée du sud). 
Kim Woo-young,  patron de la boulangerie "Copain" à Séoul (Corée du sud).  (Frédéric Ojardias)