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En direct du monde. En Colombie, une mission pour réintégrer les Farc

Les Farc entament leur retour à la vie civile en Colombie, après avoir déposé les armes le 29 juin dernier. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter lundi la création d’une mission pour les y aider.

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Marie-Eve DetoeuffranceinfoRadio France

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Le président colombien Juan Manuel Santos (à gauche) et le leader des Farc, Rodrigo Londoño Echeverri (alias Timoleón Jiménez) à Mesetas (Colombie), le 27 juin 2017.
Le président colombien Juan Manuel Santos (à gauche) et le leader des Farc, Rodrigo Londoño Echeverri (alias Timoleón Jiménez) à Mesetas (Colombie), le 27 juin 2017. (MAXPPP)

En Colombie, les guérilleros des Farc, qui ont déposé leur armes le 29 juin dernier, entament leur réincorporation à la vie civile. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait voter, ce lundi 10 juillet, la création d’une mission pour les y aider. L’organisation internationale est d’ores et déjà sur le terrain, puisqu’elle a été chargée de vérifier le cessez le feu bilatéral entre l’armée et la guérilla et le désarmement des rebelles. Les deux ont été un succès. Mais beaucoup reste à faire pour mettre en œuvre l’accord de paix historique, signé fin 2016.

Les Farc ont tenu parole et rendus leurs armes. Il faut maintenant que l’Etat colombien respecte ses engagements. Le premier est d’assurer le retour des combattants á la vie civile. La Colombie a une longue expérience en la matière. Des milliers d’ex-guérilleros et d’ex-paramilitaires sont passés par les programmes officiels de réinsertion. Autre point positif, les Farc entendent assurer collectivement leur transition à la vie civile, dans le cadre de communautés ou de coopératives rurales. C’est un modèle très novateur qui se met en place.

La transition est fragile

Le vrai défi est celui de la sécurité des combattants désarmés. L’ultra droite ne cache pas son opposition à l’accord de paix et, dans les campagnes, des groupes armés sont encore actifs. La question est de savoir si l’armée va être en mesure de protéger ses ennemis d’hier.

La transformation des Farc en parti politique sera délicate. Personne n’a oublié que dans les années 1980, une première tentative de paix négociée avait débouché sur un massacre. Plus de 3 000 militants du parti de gauche alors crée avaient été assassinés. On comprend que les Farc souhaitent que l’ONU reste sur le terrain.

Les échéances électorales risquent d'attiser les tensions

Les autres dispositions de l’accord de paix vont aussi poser problème. Que ce soient celles qui concernent le développement rural et la distribution de terres aux petits paysans. Que ce soit la mise en place de la justice spéciale pour la paix, le tribunal chargé de juger les crimes commis aussi bien par les Farc que par les militaires. Là aussi, il y aura des résistances.

Les futures campagnes électorales vont compliquer les chosesL’accord de paix avec les Farc divise les Colombiens. A droite de la droite, l’ex-président Alvaro Uribe continue de tirer dessus à boulets rouges. Il va probablement tenter de capitaliser les difficultés de cette nouvelle étape pour discréditer le processus de paix, attiser le mécontentement des électeurs et faire élire ses propres candidats. Au risque de mettre en péril la paix elle-même.

Le président colombien Juan Manuel Santos (à gauche) et le leader des Farc, Rodrigo Londoño Echeverri (alias Timoleón Jiménez) à Mesetas (Colombie), le 27 juin 2017.
Le président colombien Juan Manuel Santos (à gauche) et le leader des Farc, Rodrigo Londoño Echeverri (alias Timoleón Jiménez) à Mesetas (Colombie), le 27 juin 2017. (MAXPPP)